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Huit ans à rattraper [Evey]

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MessageSujet: Huit ans à rattraper [Evey] Mar 26 Nov 2013 - 13:36

Gabrielle marchait d’un pas rapide dans les rues de Quantico, elle se retenait tout juste de courir tant elle avait peur d’être arrachée au rêve qu’elle était en train de vivre. Elle était sur le point de retrouver celle qu’elle avait toujours aimée, son âme sœur, envers et contre tout. Malheureusement pour la jeune femme, la vie avait décidé de faire d’elle le martyr de son propre père, et c’était pour mettre fin à son supplice qu’elle avait fui sa ville natale, huit ans auparavant. Cela avait été une libération pour elle d’échapper aux poings meurtriers de son géniteur, mais un crève-cœur aussi car elle avait pris la décision de laisser derrière elle le seul être qui l’ait vraiment aimée. Evey avait été la raison pour laquelle elle avait décidé de se battre, elle se serait laissé mourir si la belle brune ne lui avait pas tendu la main. Et pourtant Gabrielle avait fait le choix de partir sans elle. Elle l’avait fait dans la douleur, mais c’était pour le bien d’Evey. Elle savait que son amie aimait sa famille, qu’être séparée d’eux allait la rendre malheureuse et la jeune blonde n’avait pas voulu lui imposer de souffrir de la sorte. Cela aurait été purement égoïste, et Gabrielle n’aurait pas supporté qu’Evey tire un trait sur sa vie passée comme elle s’apprêtait à le faire. Le soir de son départ, elle avait escaladé le portail des Standford pour glisser une lettre sous la fenêtre de son amie. Elle y expliqua ses raisons de partir et de ne pas l’emmener avec elle en lui demandant pardon. Elle lui demanda de ne pas partir à sa recherche et de ne pas aller demander de comptes à son père tant elle avait peur pour elle. Elle précisa également qu’elle reviendrait peut-être à Quantico, quand elle se sentirait plus forte et aurait le courage d’affronter le regard de son paternel sans trembler. Elle finit sa lettre en disant à Evey que personne d’autre qu’elle n’avait fait battre son cœur aussi fort, et que quoi qu’il arrive, que la jeune brune se souvienne qu’elle l’aimait d’un amour sans limite.

Et Gabrielle était partie, seule, dans le froid de la nuit. Elle prit plusieurs bus jusqu’à arriver à Philadelphie, quelques jours plus tard où elle passa les huit années suivantes dans la sérénité la plus totale. Mais une partie de son cœur était restée à Quantico, et c’était la raison pour laquelle elle était revenue. Elle espérait retrouver Evey et reprendre la vie là où elle l’avait laissée, mais lorsqu’elle fit le chemin jusqu’à chez elle, elle constata avec amertume que les Standford avaient déménagé. Plus aucune trace d’eux. Sans savoir par où commencer, Gabrielle s’était mise à les chercher, mais sans succès. Après un mois passé à Quantico, elle ne désespérait pas, mais ses recherches s’avéraient toujours plus infructueuses. Jusqu’à ce qu’un miracle se produise.
Un matin, alors qu’elle se rendait sur son nouveau lieu de travail (un cabinet d’avocat où elle exerçait la fonction de secrétaire), une femme attira son attention dans le métro. Grande, brune, légèrement ridée, le temps ne l’avait pas tant changée que ça. Devant elle se tenait Marie-Jane Standford, la mère d’Evey. Gabrielle s’était approchée d’elle timidement avant de l’aborder franchement. Bien sûr, Mme Standford eut un choc en la voyant, la petite blonde avait disparu de la circulation depuis si longtemps et tout le monde à l’exception d’Evey avait pensé à un enlèvement. Evidemment, personne ne se doutait de ce qu’elle endurait à la maison. Après l’avoir rassurée, Gabrielle essaya de savoir où elle pouvait trouver Evey et se fut à son tour d’être surprise. Evey était devenue agent fédéral et travaillait pour le FBI depuis maintenant plusieurs années. La fierté se lisait clairement dans les yeux de Mme Standford, et le même sentiment envahit Gabrielle. Protéger les plus faibles avait toujours fait partie de la nature profonde de la jeune brune, et devenir agent du FBI était la meilleure chose qui pouvait lui arriver. Marie-Jane indiqua alors à Gabrielle le chemin pour se rendre au siège de Quantico et aller retrouver son âme sœur. La jeune femme la remercia mille fois avant de se mettre en route avec empressement. Elle téléphona à son employeur pour l’avertir de son absence en prétextant ne pas se sentir bien, et se laissa aller dans ses pensées. Enfin, elle allait revoir celle qu’elle avait toujours aimée. Et qu’importe si elle avait déjà refait sa vie avec quelqu’un d’autre, tant pis si elle l’avait déjà oubliée, Gabrielle le méritait amplement après tout le mal qu’elle lui avait fait. Le simple fait de revoir son visage lui suffirait si Evey ne l’aimait plus.

Arrivée au FBI, elle se présenta à l’accueil sans se démonter et demanda à voir l’agent Standford. D’un ton professionnel, elle précisa qu’elle devait la voir pour une affaire impliquant l’un des clients du cabinet d’avocats. La standardiste jeta un coup d’œil à sa carte de visite avant de tapoter sur le clavier de son ordinateur pour consulter l’agenda du personnel. Elle resta un instant perplexe avant de lever un sourcil et de reporter son regard sur Gabrielle.

- Vous avez rendez-vous ?
-Non justement, je suis passée en coup de vent parce que c’est pour une urgence.


Sans se départir de son sang-froid, la jeune femme avait inventé une histoire à dormir debout en espérant que ça marche. Et visiblement, la standardiste la crut car elle lui rendit sa carte de visite et lui indiqua l’étage sans problème.

-Elle est en entraînement au premier, dans la salle de tir. Par contre, je vous demanderai d’attendre que la séance se termine. Pour des raisons de sécurités on vous fera attendre à l’extérieur.

Gabrielle hocha la tête en essayant de contrôler son impatience.

-D’accord, merci beaucoup. Bonne journée.

Sans attendre de réponse, Gabrielle se dirigea vers les escaliers et les monta quatre à quatre pour arriver au premier étage. Arrivée au milieu d’un couloir si long qu’il ne semblait pas s’arrêter, la jeune femme aborda un agent pour demander son chemin. Celui-ci la mena jusqu’à une lourde porte grise qui s’ouvrait sur un vestiaire.

-Sur votre gauche, vous aurez la porte vitrée qui mène à la salle d’entraînement, Standford sortira par là. Vous n’êtes pas autorisée à entrer, mais vous pouvez l’attendre ici. Ça ne va pas tarder à finir de toute façon.

Trop heureuse de toucher enfin au but, Gabrielle le remercia et attendit que la porte se soit refermée pour se coller à la paroi de verre. Ce qu’elle vit à l’intérieur de la salle lui fit un pincement au cœur. Evey n’avait presque pas changé, si ce n’était qu’elle était encore plus belle que dans ses souvenirs d’adolescence. Ses traits fins, ses yeux azurs, sa longue chevelure d’ébène, tout lui renvoyait ces doux moments passés avec elle quand elles étaient jeunes. Les battements de son cœur accélérèrent leur cadence quand Evey lui fit face, à travers la petite fenêtre. Bien sûr, elle ne l’avait pas encore aperçue, mais cela n’allait pas tarder… Gabrielle ne savait pas trop comment l’aborder, là, au milieu de ses collègues. La belle brune allait avoir un choc, c’était certain.

Gabrielle essaya de prévoir ce qu’elle allait lui dire, mais son esprit restait comme bloqué sur la vision de son amie. Elle s’éloigna donc de la fenêtre et fit les cent pas dans le vestiaire. Ce n’est qu’en regardant autour d’elle qu’elle remarqua qu’il s’agissait d’un espace réservé aux agents féminins. La partie des hommes était de l’autre côté de la zone d’entraînement. La salle de tir était la seule pièce communicante entre les deux vestiaires, probablement pour éviter certains dérapages. Cela arrangeait Gabrielle car visiblement, Evey était la seule femme du groupe, ce qui signifiait qu’elles allaient avoir le privilège d’être seules pour leurs retrouvailles. La jeune femme essaya une dernière fois de se concentrer sur ce qu’elle allait bien pouvoir lui dire. Bien sûr, elle allait commencer par s’excuser pour tout ce temps passé sans elle, lui dire qu’elle était revenue car elle était incapable de vivre sans elle. Elle aurait voulu la prendre dans ses bras et l’embrasser pour lui montrer que son amour n’avait pas faibli avec le temps, mais elle ne le ferait pas. Elle refusait de mettre Evey mal à l’aise si elle était déjà en couple ou si elle avait définitivement tourné la page et ne voulait plus d’elle.

Soudain, le cours de ses pensées s’interrompit. Ca bougeait dans la salle de tir : les agents étaient en train de ranger leur matériel et s’apprêtaient à gagner les vestiaires pour récupérer leurs affaires et partir travailler. Evey allait entrer dans le vestiaire… Gabrielle recula instinctivement dans un coin en attendant le moment fatidique.

Faites qu’elle ne m’ait pas oubliée…
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MessageSujet: Re: Huit ans à rattraper [Evey] Dim 1 Déc 2013 - 19:48

"Alors Standford, fatiguée aujourd'hui ?" J'ignore le commentaire d'un de mes collègues en souriant du coin des lèvres lorsque la fin de la session d'entraînement est signalée par une sonnerie qui retentit dans toute la salle. C'était l'heure de la pause déjeuner, même si je me serais bien encore entraînée un peu. La semaine avait été plutôt calme, et cela ne présageait rien de bon, je pouvais le pressentir par expérience. Mes collègues me narguaient souvent parce qu'ils savaient que je n'aimais pas rester sans rien faire. J'étais mordue de ce que je faisais, et je savais que je le faisais bien.

Toujours est-il qu'après avoir rangé mon arme dans son étui à ma ceinture et déposé le casque sur l'établi, je me détourne d'eux en secouant la tête. Je ne savais pas encore si j'allais les rejoindre pour déjeuner ou si je me paierai le luxe de m'octroyer un peu de temps seule pour être tranquille.

Je passe la porte du vestiaire des femmes et je sens immédiatement une présence, marquée par un parfum délicat. Il suffit d'une seconde pour que mes yeux remarquent la silhouette de l'autre côté de la pièce, près de la fenêtre donnant sur la salle. Le problème, c'est que cette personne, je la connais. Ou plutôt, je la reconnais.
Impossible. C'est la première chose que je me dis. Ma main est toujours sur la clenche, mes yeux refusent de se détacher de cette personne, et je retiens ma respiration sans m'en rendre compte. Elle ne bouge pas, à croire que j'avais peut être une hallucination, mais je n'étais pas dupe.
Mon cerveau ne parvient pas à enregistrer l'information qui lui est désespérément envoyée, et je déglutis avec peine en relâchant enfin la porte après ce qui me sembla un moment hors du temps.
Une fois la porte refermée, tout se bouscule dans ma tête, j'ai des centaines de questions qui veulent s'échapper de mes lèvres, mais les mots se mélangent et je reste complètement muette. Je sens la tension qui s'installe entre mes épaules, et même si je voulais m'approcher, mes pieds restent ancrés dans le sol.

"Gabrielle..." Est le seul mot qui s'échappe enfin, dans un souffle. Ce n'était pas une question, je savais que c'était elle. Mais c'était comme si, le fait de le dire, rendait la situation définitivement réelle. Je la vois hocher lentement la tête, ses grands yeux verts me fixant en retour. Elle avait une nouvelle force sur les traits de son visage, même si je croyais toujours pouvoir y déceler cette douceur naturelle. Ses longs cheveux étaient toujours aussi blonds, peut être même encore plus que dans sa jeunesse. Elle prenait soin d'elle.
La surprise fit place à l'angoisse, je sentais ma tête se mettre à tourner, j'avais besoin de m'asseoir, ou de sortir, je ne sais pas, mais rien, mon corps ne voulait plus me répondre.

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MessageSujet: Re: Huit ans à rattraper [Evey] Lun 2 Déc 2013 - 19:54

C’était comme si Evey avait vu un fantôme. Et en quelque sorte, Gabrielle en était un. Le regard de la brune était rivé sur elle, figé par de la stupéfaction, elle ne fut capable que de prononcer son nom, dans un souffle de voix. C’était assez ironique car dans son enfance, jamais Gabrielle n’avait vu son amie manquer de répartie ou perdre pied. Et pourtant, elle semblait incapable de bouger ni même de penser. La jeune blonde n’en menait pas large non plus, mais entendre Evey prononcer son nom la fit revivre. Les larmes lui montèrent aux yeux sous le coup de l’émotion. Elle avait tant de fois rêvé de cet instant qu’elle se surprit à penser que son esprit jouait avec elle. Mais c’était bien réel, dieu merci.

Soudain, la jeune femme vit son amie vaciller légèrement. De peur qu’elle ne tombe, Gabrielle s’avança vers elle et prit ses mains entre les siennes avant de la faire asseoir sur l’un des bancs du vestiaire. La gorge serrée, elle essaya de la rassurer, de s’expliquer sans pour autant savoir par où commencer.

- Evey, je suis revenue, je… Je ne pouvais plus vivre aussi loin de toi.
Elle se sentit soudain ridicule, incapable de trouver les mots qu’il fallait. Elle aurait tant voulu sortir une belle tirade comme au cinéma, mais ses paroles restaient coincées dans sa gorge. Elle embrassa doucement les mains de la belle brune avant de poursuivre.

- Je te demande pardon d’être partie sans prévenir. Je voulais te protéger, il fallait que tu restes avec ta famille. Tu avais des gens qui t’aimaient à Quantico, je ne pouvais pas t’arracher à eux.

Certes, cela avait facilité le départ de Gabrielle car sa famille à elle était complètement absente du point de vue émotionnel. Ces longues années d’errance loin de sa ville natale avaient été bénéfiques pour elle : aucun homme n’avait levé la main sur elle depuis. Mais aucune femme n’avait remplacé Evey dans son cœur et c’était la raison pour laquelle elle avait choisi de revenir, au risque de retomber un jour sur son père. Elle en avait moins peur à présent, même si elle ne s’était toujours pas décidée à porter plainte contre lui pour ce qu’il lui avait fait endurer étant petite. Elle essayait de tourner la page, de tirer un trait sur sa sombre histoire car la vie à Philadelphie l’avait changée. Si Evey lui permettait de revenir à ses côtés, la tâche serait d’autant plus facile, bien sûr : affronter les démons du passé avec son soutien lui donnerait tellement plus de courage. Mais en cet instant précis, Gabrielle ne voulait pas y penser. Elle n’avait d’yeux que pour Evey et elle était tout ce qui lui importait pour l’instant. Son regard glissa quelques secondes sur l’insigne qu’elle portait, accroché à sa ceinture.

- C’est ta mère qui m’a dit que tu étais devenue agent du FBI, si tu savais comme je suis fière de toi.

L’héroïne de son enfance était devenue la protectrice de cette ville. Son destin avait été scellé à partir du jour où Evey s’était approchée de la petite Gabrielle, un matin, dans la cour de l’école. En grandissant, elle n’avait pas perdu son courage ni sa rage de réduire au silence ceux qui faisaient le mal.
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MessageSujet: Re: Huit ans à rattraper [Evey] Sam 7 Déc 2013 - 15:00

Il y avait trop d'informations d'un coup. En plus de son état déjà presque catatonique, Evey devait composer avec ce que Gabrielle lui donnait.
Une déclaration, une demande de pardon, et puis sa mère, qui avait vendu la mèche. Elle ne pouvait pas lui en vouloir, car elle ne lui avait jamais avoué les sentiments qu'elle avait pour Gabrielle. Bien sûr que sa mère avait vu son chagrin lorsque celle-ci avait disparu, et c'est sans doute pour cette raison d'ailleurs qu'elle a indiqué à Gabrielle où la trouver.

Et puis, le contact de ses mains. Un peu plus froides que les siennes, un peu plus petites aussi. Le contact de ses lèvres qui effleuraient doucement sa peau, son regard attendri, ses yeux brillants démontrant clairement la sincérité qui enveloppait chacune de ses paroles...
Evey déglutit lentement, ne détachant jamais ses yeux de la blonde. Elle savait que ce n'était pas un rêve, mais c'était tellement inattendu qu'elle avait du mal à redescendre sur terre.
Reprenant peu à peu les rênes de son corps, Evey retira lentement sa main de celles de Gabrielle, avant de se relever lentement pour aller près de la fenêtre. Dos à la jeune femme, elle croisa les bras en regardant droit devant elle dans la salle d'entraînement à présent vide, les mots de Gabrielle résonnant dans son esprit.
Je ne pouvais plus vivre aussi loin de toi. Et pourtant, toutes ces années, elle avait réussi, pendant qu'Evey manquait de perdre la raison à prier pour que son amie lui revienne saine et sauve.
La grande brune se mordit la langue pour ne pas laisser son amertume prendre le dessus. C'était un vrai tourbillon, un mélange de stupeur et de regret, rehaussé par une bonne dose de colère.

Elle déclara alors d'une voix posée mais qui ne trahissait aucune émotion:
"Depuis quand es-tu revenue à Quantico ?"
C'était la première question d'une longue liste, qu'elle avait bien l'intention de suivre. Après toutes ces années, elle ne pouvait juste pas laisser Gabrielle lui reprendre son coeur comme si de rien n'était.
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MessageSujet: Re: Huit ans à rattraper [Evey] Dim 8 Déc 2013 - 23:17

Lorsque la jeune femme se leva et lui tourna le dos, Gabrielle sut que le chemin allait être long avant d’espérer ne serait-ce que retrouver un peu de ce lien qui les avait unies. Evey était en colère, et la jeune blonde ne pouvait pas lui en vouloir : c’était elle qui avait détruit ce qu’elles avaient en prenant la fuite. D’un côté, elle n’avait pas eu le choix, c’était partir et souffrir ou rester et mourir. Le soir de son départ, son père l’avait cognée si fort qu’elle avait perdu connaissance avant de se réveiller en plein milieu de la nuit. C’était à ce moment-là qu’elle avait pris la décision de partir pour survivre. Elle avait rassemblé le peu de forces qui lui restaient pour s’échapper par la fenêtre et escalader le portail des Standford pour déposer le message sous la fenêtre d’Evey. La jeune femme lui en avait très certainement voulu lorsqu’elle l’avait lu au petit matin, et elle lui en voulait encore. Gabrielle l’avait abandonnée pour ne pas l’obliger à choisir entre elle et sa famille, mais elle réalisait à présent qu’elle avait eu tort. Sur le moment, elle avait pensé bien faire en ne torturant pas son amie avec ses projets de fuite, mais le résultat était là : 8 ans après, Evey n’avait toujours pas digéré sa trahison. Qui aurait pu d’ailleurs ?

La voix de la jeune brune fit presque sursauter Gabrielle lorsqu’elle lui demanda depuis quand elle était revenue. Elle était froide, tranchante et sans vie. Dans cette phrase, la jeune femme entendit comme un reproche. Depuis son retour, Gabrielle avait inconsciemment calculé le temps qui la retenait loin de l’être aimée, comme si tenir le compte allait accélérer leurs retrouvailles, mais cela avait pris trop de temps à son goût. Sans le vouloir, elle se justifia pour lui prouver qu’elle comptait énormément à ses yeux.

- Ca fera un mois dans deux jours. Quand suis revenue, je suis allée chez toi mais tes parents avaient déménagé. Alors j’ai cherché comme j’ai pu… jusqu’à ce que je rencontre ta mère.

Tout un tas de questions allaient déferler, elle le savait. Et elle comptait bien y répondre en toute transparence même si certains passages de sa vie à Philadelphie n’avaient rien de glorieux. Comment lui décrire l’état dépressif dans lequel elle a plongé pendant presque un an et la loque qu’elle était devenue ? Comment lui dire que la psychologue qui l’avait prise en charge avait mis tant d’années à la remettre sur pieds, malgré ses envies de tout abandonner, ses mensonges et une tentative de suicide lamentablement ratée ? Avec un peu de recul, Gabrielle avait conscience que s’être éloignée d’Evey l’avait davantage démotivée à s’accrocher à la vie. Mais elle s’était sentie assez forte pour revenir, avec un nouveau regard sur la vie. Un professeur de yoga lui avait réappris à croire en l’avenir, à surmonter ses peurs et vaincre ses cauchemars. Et voilà, huit ans plus tard, elle régressait au stade de la petite fille peureuse qu’Evey avait tirée du néant. Si la jeune femme avait laissé sa colère exploser au visage de Gabrielle, elle l’aurait accepté sans problème. Elle aurait tout subi pour retrouver celle qu’elle avait aimée dans une autre vie.

- Je voulais m’excuser pour tout le mal que je t’ai fait. Je suis partie parce que j’étais certaine que j’allais finir par mourir en restant ici, et qu’en quelque sorte, je te libérais du poids que j’étais devenue pour toi. Mais je sais que je t’ai fait énormément de peine et si tu préfères que je parte, je m’en irai sans rien te demander.

Ce n’était évidemment pas ce que la jeune femme aurait voulu. Mais après tout ce qu’Evey avait fait pour elle dans le passé, elle ne pouvait pas la faire souffrir encore plus. Malgré elle, une larme roula sur sa joue. Elle se retint d’en verser plus car ce n’étais pas à elle de pleurer, elle n’en avait pas le droit. Elle aurait voulu ajouter un mot tendre pour sa jolie brune, mais elle avait peur que cette dernière le prenne mal. Elle ne voulait pas lui faire croire qu’elle essayait de la manipuler par les sentiments. Son amertume la blessait terriblement, mais elle la comprenait parfaitement.
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MessageSujet: Re: Huit ans à rattraper [Evey] Sam 21 Déc 2013 - 21:51

Evey resta immobile en écoutant ce que Gabrielle lui déclarait, et une fois qu'elle eut terminé, elle ferma les yeux.
La voix de Gabrielle était...différente. Plus assurée, mais Evey pouvait encore déceler cette fragilité qui stagnait juste sous la surface.
Un mois...Evey rouvrit les yeux en inspirant profondément par le nez, et se retourna lentement, appuyant ses mains légèrement en retrait de son torse sur le rebord de la vitre.

Elle scruta la jeune femme pendant plusieurs secondes, sans que celle ci ne bouge ni ne détourne son regard. Ce n'était clairement plus la jeune fille qu'elle avait connu.
Elle ne savait pas si elle pourrait faire ça. Elle avait enfin réussi à construire une vie à peu près stable en s'impliquant à 100% dans son travail, et c'était tout ce qu'elle voulait. Oublier, s'en remettre au temps pour panser des blessures invisibles. Effacer les traces, se dire qu'aujourd'hui, sa valeur était celle de se comporter en parfait agent et de sauver autant de vies que possible. Peu importe qu'une fois à la maison, c'était la solitude qui l'accueillait, elle s'était habituée et s'en contentait fort bien. C'était plus facile car Evey était devenue une femme solitaire et secrète, au grand damn de certains de ses collègues, mais pour elle, c'était la meilleure façon de se protéger.
Alors, revoir celle qu'elle avait aimé en secret pendant toutes ces années assise juste là, non loin d'elle, dans un endroit où elle se sentait pourtant à l'abri de tout, lui faisait battre lourdement le coeur. Les murs qu'elle avait mis des années à construire autour d'elle commençaient à s'effriter, comme lors d'une explosion dont l'onde de choc viendrait d'avoir ses premiers effets.
Son cerveau commençait à surchauffer de toutes les questions qu'elle voulait poser, et ses mâchoires se contractaient par intermittence.

"Alors c'est ça que tu pensais, que tu étais un poids pour moi ?"
Elle demande finalement, sur un ton clairement irrité. "Comment pouvais-tu, ne serait-ce qu'une minute, penser que c'est ainsi que je te considérais ?" Elle poursuivit, son visage affichant une expression de surprise mêlée à de l'incompréhension. Elle ne monterait pas le ton, même si la colère le lui demandait, non. Elle avait appris à contrôler ses émotions depuis maintenant plusieurs années pour et grâce à son travail, et elle n'avait de toute façon jamais levé la voix sur son amie.

Ce à quoi elle allait devoir faire face était plus que de la simple colère. Ça allait être une totale remise en question. Elle aurait voulu lui dire qu'elle aurait pu la sauver, qu'elle représentait tout pour elle, qu'elle avait failli perdre la raison à l'attendre. Mais c'était trop tôt, bien trop tôt. Pour l'instant, il fallait déjà qu'elle digère le fait que Gabrielle était revenue. La boule qui se formait dans sa gorge l'empêcha de dire quoi que ce soit d'autre.
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MessageSujet: Re: Huit ans à rattraper [Evey] Mer 8 Jan 2014 - 16:54

Gabrielle tressaillit légèrement en entendant le ton de son amie se durcir. Son passé lui sautait à la gorge dès qu’elle l’évoquait, des visions de ce qu’elle avait vécu dans cette autre vie défilèrent si vite devant ses yeux qu’elle en eu le vertige. Les larmes vinrent voiler son regard dans un mélange de culpabilité et de tristesse. En partant, elle avait complètement détruit ce qu’elles avaient et maintenant qu’elle était revenue, elle avait à nouveau fait chavirer la vie de son amie. En sentant qu’elle allait fondre en larmes, Gabrielle tourna le dos à Evey et leva les yeux au ciel pendant quelques secondes en espérant que ça les retiendrait de couler sur ses joues. C’était trop d’émotions d’un coup et elle n’était pas sûre de tenir le choc en fin de compte. Tout le travail qu’elle avait fait sur elle-même à Philadelphie avait disparu depuis qu’elle avait mis les pieds dans ce vestiaire. Elle prit une inspiration et essaya de se maîtriser avant de se retourner.

- Tu ne t’en rendais peut-être pas compte, mais tu es passé à côté de beaucoup de choses à cause de moi. La plupart de tes soirées, tu les as passées à soigner mes blessures en cachette dans ta chambre. Et le reste du temps, tu surveillais sans arrêt nos arrières pour que mon père ne nous tombe pas dessus. On n’a pas eu une vie normale, Evey. Je suis tombée dans cette famille par malchance, mais toi, tu n’avais pas à vivre ça.

En voyant que la belle brune allait tout nier, Gabrielle enchaîna.

- Dis-moi que ça n’a pas compliqué ta vie, que pendant toutes ces années tu n’as pas eu peur de te faire tabasser. Est-ce que tu arrivais seulement à fermer l’œil pendant les nuits que je passais avec toi ? A cause de moi, il t’a pourri la vie à toi aussi, et ça je ne pouvais pas le supporter. Il fallait que ça s’arrête.

Elle l’avait laissée parce qu’elle l’aimait. C’était un étrange paradoxe, mais sur le moment elle avait sincèrement pensé que c’était mieux pour chacune d’entre elles. Mais Evey avait dû souffrir bien plus de ne pas savoir si son amie était encore en vie pendant toutes ces années. Elle avait préféré fuir pour ne pas se faire tuer à coup de poings et pour que la jeune brune puisse avoir une vie normale.

Elle brûlait d’envie de lui dire qu’elle l’aimait, mais elle se doutait que cela ne ferait qu’empirer les choses. Evey avait certainement besoin de temps pour digérer tout ça et revenir en phase avec la réalité.
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MessageSujet: Re: Huit ans à rattraper [Evey] Mer 15 Jan 2014 - 17:09

Evey écoutait attentivement Gabrielle, même si à plusieurs reprises l’envie de l’interrompre se fit sentir.  Heureusement qu’elle bénéficiait de toutes ces années d’entraînements pour ne pas craquer, bien que le niveau de retenue soit très élevé et qu’elle craignait ne pas tenir plus longtemps.
Elle inspira profondément avant de déclarer sur un ton posé : "Je préfère encore que tu me dises que tu as fait ce choix pour TOI et uniquement pour TOI, que de prétendre savoir ce qui était le mieux pour moi."
Ses yeux bleus fixaient la silhouette devant elle sans faillir, et alors qu’un silence tendu s’installa, la main d’Evey se crispa davantage sur la clenche de la porte.
Elle observait cette jeune femme pour qui elle aurait pu donner sa vie autrefois, mais à présent elle n’était plus sûre de rien. Elle avait clairement senti la façon dont son cœur s’était emballé lorsqu’elle s’était rendu compte que c’était bien elle en pénétrant dans cette pièce, mais elle préférait mettre cela sur le compte de la surprise plutôt que d’un réel engouement. Pour elle, c’était une sorte d’inconnue.

Evey détourna finalement le regard en ajoutant : "Ecoute, tu n’aurais pas dû venir ici, c’est mon lieu de travail et je préfèrerais que ce qui concerne ma vie privée reste en dehors de ces murs alors…" Elle cherchait ses mots, détestant par-dessus tout se sentir ainsi maladroite alors que sa qualité d’oratrice était d’ordinaire une arme redoutable figurant dans ses artefacts.  
Mais la différence, c’était bien celle qu’elle venait de mentionner. Il s’agissait là de sa vie personnelle et là-dessus, Evey n’était pas aussi parfaite qu’elle le laissait supposer, surtout lorsqu'on s'aventurait sur un terrain miné comme celui de son passé.
Elle sentit une sueur froide et désagréable naître dans sa nuque sous sa crinière de jais, signe trompeur de son inconfort. Après s’être raclée la gorge et sous les yeux interrogateurs de la jeune blonde qui attendait la suite, elle reprit : "Alors je préfèrerais que tu ne reviennes pas ici." Elle déclara simplement avant d’ouvrir enfin la porte.
Elle vit le visage de Gabrielle se refermer doucement, et la vulnérabilité qui s’en dégageait lui serra le cœur. Probablement qu’elle s’attendait à autre chose qu’à se faire poliment rejetée, mais Evey ne pouvait pas s’en vouloir d’être ferme, c’était encore trop tôt pour elle.

Gabrielle lui emboîta donc le pas jusqu’à ce qu’elles regagnent le hall d’accueil, où Evey dû faire semblant d’être cordiale et professionnelle avec elle pour ne pas éveiller de soupçons, jusqu’à ce qu’elles aient regagné la sortie. Une fois dehors, elles firent encore quelques pas côte à côte en silence avant qu’Evey ne prenne la parole, et ce après s’être assurée que personne ne pouvait les entendre.

"C’est l’heure du déjeuner et mes collègues m’attendent." Elle ne regarda pas son amie mais sa montre. Même si elle avait dit aux autres qu’elle préfèrerait rester seule, cela lui sembla être l’excuse parfaite pour se défiler à cet instant précis. Sa mâchoire encore en tension, elle osa jeter un coup d’œil à la jeune blonde qui semblait perdue, regardant ses pieds avant de relever la tête. Evey inspira profondément en fermant les yeux.
"Bon écoute…je ne sais pas trop à quoi tu t’attendais en venant me voir ici." Elle reprit et les yeux de Gabrielle vinrent se plonger dans les siens. "Appelles moi. Je te dirais où me rejoindre ce soir." Les mots lui échappèrent sans même qu’elle réalise. "Enfin, si tu as encore des choses à dire, cela étant." Evey, à quoi tu joues…
Elle se mordit l’intérieur des joues en laissant Gabrielle prendre la petite carte qui lui était tendue sur laquelle figuraient les coordonnées de l’agent et attendit une réponse. Réponse qui ne tarda pas à venir lorsque Gabrielle opina du chef avant de lui lancer un dernier regard, commençant déjà à s’éloigner.
Evey la regarda partir, plissant les yeux au fur et à mesure que la silhouette prenait de la distance, les mains posées sur ses hanches. Elle fit une moue perplexe, avant de secouer la tête et de se passer une main dans les cheveux, geste qu’elle ne faisait pourtant jamais car elle mettait un point d’honneur à ce que sa chevelure soit toujours nette et bien coiffée. Mais pour l’instant dans sa tête, plus rien n’était clair et elle se devait de se reprendre.
En offrant une nouvelle opportunité à son ancienne amie de revenir lui faire face, elle venait de balayer d’un revers de main toutes ces années qu’elle avait passé à se convaincre qu’elle n’avait plus besoin d’elle pour avancer.
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MessageSujet: Re: Huit ans à rattraper [Evey]

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Huit ans à rattraper [Evey]

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