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Loving you is so heartbreaking

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MessageSujet: Loving you is so heartbreaking Jeu 2 Mai 2013 - 20:38


O'CALLAGHAN & ZELESKI
❝ When I thought that I fought this war alone you were there by my side on the frontline. When I thought that I fought without a cause, you gave me a reason to try❞ POETS OF THE FALL ©️ LJ


    L'image que lui renvoyait le miroir ne lui plaisait pas. Elle avait l'impression que la silhouette qui s'affrontait à elle était loin de la réalité bien qu'elle sache que ce ne fût pas le cas. Il lui semblait que le reflet qu'on lui présentait ne pouvait être le sien tant il était fade et triste. Le teint blafard d'un visage fermé aux émotions humaines, des poches violacées sous un regard de braises vacillantes et des lèvres pâles tirées vers le bas en une moue qu'on ne lui connaissait pas. Bon sang, Alicja, mais comment as-tu pu tomber aussi bas ? La réponse ne l'effleura même pas. Bien sûr, elle prenait toujours soin d'elle mais ces derniers temps, elle admettait dans une grimace honteuse qu'elle faisait quelques excès de zèle ces derniers temps. A chaque fois qu'elle essayait de se reprendre en main, elle n'y parvenait pas. C'était comme au-delà de ses forces, malgré tous les efforts qu'elle fournissait – ou qu'elle pensait fournir. Seules ses enquêtes en cours lui tenaient la tête hors de l'eau lorsqu'elle se sentait couler au plus profond des abysses. Et encore. Lorsqu’elle laissait les faux-semblants s’abattre sur le sol, elle s’apercevait que ce n’était qu’une illusion. Elle donnait l’impression de s’en sortir, de rester forte. D’avoir le courage et la force de lutter contre ce fléau qu’elle avait, jusqu’à présent, réussit à fuir sans jamais s’en préoccuper plus que nécessaire. Mais ce n’était rien de plus qu’un mensonge. Plus rien ne l’aidait à sombrer dans un mal terrible qu’elle évitait depuis dix ans. Le couperet tomba et lui trancha une partie d’elle-même pendant qu’elle se surprenait à admirer ses traits déformés. Au fond, le désespoir visible sur chaque parcelle de ce visage sans vie rendait ce tableau presque poétique. Un soupire, alors, s’éleva dans l’appartement ; des épaules s’affaissèrent, lasses du poids qu’elles s’efforçaient de garder en équilibre. Combien de temps encore vas-tu te laisser mourir pour lui ? Alicja détourna le regard de cette accusation portée par son propre reflet, mal à l’aise. Il n’était pas l’unique cause de ses tourments. C’était, du moins, ce dont elle voulait se convaincre sans jamais y parvenir. La réalité venait la frapper en plein fouet dès qu’elle se mettait à rêver d’une vie plus paisible, d’un monde plus calme, où sa vie serait le fruit de ses choix et non pas la conséquence d’une avalanche de troubles. Était-ce de sa faute, ou bien était-ce inévitable ? Sa main retomba lourdement sur le bois de la table pendant que l’autre semblait s’éveiller d’un sommeil anesthésiant. L’heure n’était plus au questionnement philosophique et existentiel. Ses doigts allèrent chercher son eye-liner et, après une courte hésitation, elle dessina un trait fin sur sa paupière close, réitéra son geste sur l’autre œil. Sa spécialisation professionnelle lui avait appris à savoir se maquiller comme une fée ; ayant grandit loin d’un model féminin, elle n’avait jamais appris à se badigeonner de fond de teint et autre fard à paupière. C’était donc seule qu’elle avait passé des soirées, voire des nuits entières, devant l’immense miroir de la salle de bain à tester les couleurs qui lui allaient le mieux avec les instruments des filles qui ne s’en servaient plus. Longue avait été son initiation au maquillage. Mais elle y était parvenue. Comme toujours. Elle avait utilisé son handicap comme d’un atout et se vantant, maintenant, de savoir se maquiller comme bon lui semblait. Ses cernes disparurent, ses yeux retrouvèrent leur pétillement habituel, ses lèvres se teintèrent de rouge. Une insulte fusa alors dans son esprit tandis qu’elle s’apercevait du ridicule de la situation. Elle se faisait belle pour aller danser avec le Diable.

    La Chrysler Le Baron ronronnait de plaisir lorsqu’Alicja la démarra avec une légère appréhension. Voilà bien longtemps qu’elle avait abandonné sa merveilleuse voiture, lui préférant sans honte aucune, sa Honda CB350 qui lui permettait quelques excès de vitesse sur l’autoroute qui la menait jusqu’à Quantico. Un petit écart du code de la route dont elle était friande une fois de temps et qui lui avait souvent valut plusieurs contraventions – dont la plupart qu’elle n’avait pas pris le temps de vouloir payer. Le véhicule s’engageait sur la voie avec légèreté, ses roues foulant ce sol bafoué par ses pairs sans s’en soucier outre mesure. Il semblait à Alicja qu’elle redécouvrait le plaisir de la conduite automobile. Un frisson lécha son échine à l’idée de pousser ce petit bijou au-delà de ses limites… Coups d’œil furtifs dans les rétroviseurs. Personne. Oubliant son statut de représentante des forces de l’ordre, son pied se fit plus lourd sur la pédale d’accélération, sa main caressa son levier de vitesse et elle embraya. Elle venait de passer la quatrième. Le songe d’un souvenir lui apparut alors, aussi brutalement qu’un flash d’appareil photo. Edward et elle. Parcourant les rues, main dans la main. Traçant un chemin à travers champ pour quitter le Canada, pays qui ne les retenait plus, jusqu’à atteindre les États-Unis qui leur promettaient un bel avenir. Fuyant les autres et les indésirables pour mieux se retrouver. Elle avait été assez naïve pour croire qu’il était différent. Assez conne pour assurer à qui voulait l’entendre que rien ne les séparerait. Elle avait souffert en le voyant partir sans se retourner. Avait pleuré ce meilleur ami perdu ; détesté cet amant menteur. Elle lui en avait voulu et lui en voulait encore. Âpre était le goût de la trahison, amer celui de la solitude qui l’avait enveloppée par la suite. Il avait été son roc, celui sur lequel elle s’appuyait pour marcher droit. Son repère, celui qui avait un pouvoir sur elle. Son tout, celui sans lequel elle ne pouvait pas tenir et garder la tête haute. Mais elle y était parvenue. Comme toujours. Le choix, Edward le lui avait subtilisé en l’abandonnant sans lui demander son avis. Et si il le lui avait laissé, l’aurait-elle suivit ? Elle coupait le moteur, la réponse sur le bout des lèvres. Oui, elle l’aurait suivit. Tout comme elle l’avait laissé l’entraîner dans un autre pays. Tout comme elle se serait pliée en quatre pour lui. Tout comme elle s’était pouponné comme une adolescente pour aller le voir. Garée dans un coin sur le parking de la prison fédérale, elle n’osait pas quitter son siège confortable. Chaque fois le même refrain. Dès qu’elle venait, elle restait de longues minutes à l’ombre du bâtiment, hésitant à faire ce pas décisif ou à faire marche arrière. Souvent, elle prenait la seconde option, n’ayant ni la force ni le courage d’affronter son Némésis. Les remarques sarcastiques et autres railleries du prisonnier lui parvenaient déjà ; la fatiguant avant qu’elle n’ait le temps d’esquisser le moindre geste.

    Une douce et chaude brise l’enveloppa comme une langoureuse caresse, laissant les pans de sa robe légère de printemps valser ; tandis que ses doigts serraient le dossier contre sa poitrine. Ses cheveux blonds, retombant en cascade sur ses épaules frêles, voltèrent avant de reprendre leur position initiale. Elle avait pris sa décision en laissant son regard examiner la serviette contenant les feuilles de son enquête. Cette visite n’était pour son plaisir mais pour le travail. Elle ne pouvait donc pas tourner les talons et fuir comme elle avait pris l’habitude de faire. Une autre raison s’était ensuite glissée dans son esprit. Elle ne s’était pas faite toute belle pour rien. Ordinairement, elle se contentait d’attraper un jean ou un tailleur selon son personnage, se maquillait légèrement en conséquence et se considérait comme parée pour sa mission. Cette fois-ci, tout était différent. Les masques étaient tombés, les fausses identités aussi. Aujourd’hui, elle n’était pas Veronica, ni Kristen ou Grace. Eléanor avait disparut, emmenant à sa suite Layla et Alix. Aujourd’hui, elle n’était personne d’autre qu’Alicja. Enfant brisée et rêveuse dans un monde trop abrupte et malsain. Jeune fille torturée et perdue dans un univers trop vaste et trop violent. Jeune femme déchue et rejetée des êtres aimés et admirés. Elle se dévoilait après des années dans l’ombre d’elle-même ; se mettait à nue devant la seule personne capable de la cerner réellement. Elle jetait les armes à ses pieds pour qu’il puisse la briser avec l’instrument de torture qu’il aurait décidé. C’était peut-être sa façon à elle de lui indiquer qu’elle n’en pouvait plus. Qu’elle ne parvenait plus à lutter contre le fantôme de son meilleur ami. Que vivre dans le passé devenait sa hantise mais elle était trop profondément encrée dans ce cercle vicieux. Elle ne pouvait plus s’en sortir indemne. Elle devenait son propre bourreau.

    Luis la complimenta sur la beauté de sa tenue et lui demanda si c’était pour une occasion spéciale. Elle prit le temps de réfléchir avant d’hausser les épaules. Ses manières contrastaient de beaucoup avec sa tenue. Vêtue ainsi, n’importe qui l’aurait pris pour une jeune femme bien élevée, encore innocente et un peu candide. Peut-être l’était-elle encore un peu ? Le gardien lui rappela les règles à suivre pour les visites du détenu O’Callaghan. Un hochement de tête rapide et la porte s’ouvrait devant elle, la laissant passer, le dossier tenu fermement entre ses mains. Le trajet qui allait la guider jusqu’à la salle des visites, elle le connaissait par cœur. Mais plus elle avançait, plus ses pas devenaient hésitants. Ses jambes flageolèrent, fragiles et elle dut s’arrêter à quelques pas de la lourde porte. D’une main tremblante, elle s’appuya contre un mur et se força à respirer calmement. Le dossier, l’enquête. Voilà sur quoi elle devait se concentrer. Pourquoi s’était déguisé comme une fille de bonne famille ?! Pourquoi avait-elle décidé de jouer les jeunes effarouchées qu’elle détestait tant ? Espérait-elle conquérir Edward ? Sûrement. Voulait-elle qu’il la remarque ? N’importe quoi ! Désirait-elle qu’il comprenne tout le mal qu’il lui avait infligé ? … Un nouveau gardien l’observa sans se gêner et elle leva les yeux au ciel. Une fine robe à fleur et voilà qu’elle devenait le centre d’attention de tous ces mâles entourés de testostérone. Un comble ! Se redressant, Alicja lui fit signe de lui ouvrir la porte et pénétra dans la pièce d’un pas lent, qu’elle espérait certain et décidé. Avant de continuer à s’avancer, elle attendit que l’homme derrière elle eût refermé l’entrée et s’avança de quelques pas. A plusieurs reprises, ses yeux clairs survolèrent le prisonnier déjà présent. Le visage de nouveau fermé, la jeune femme prit place sur une chaise et déposa le dossier devant elle. Ne lui montre pas ta faiblesse, ne le laisse pas t’abattre en premier. Plante-lui un couteau vengeur et ignore ses remarques méprisantes. S’est-il déjà montré méprisant ? Ne lui tends-tu pas un peu la perche ? Montre-toi aguicheuse et frappe-le. Surprends-le comme le jour où tu l’as arrêté. Ne le laisse pas te prendre de haut. Blesse-le. D’un geste imaginaire de la main, elle effaça cette petite voix qui lui dictait quelques ordres protecteurs et planta son regard dans celui d’Edward. Malgré ses huit années passées derrière les barreaux, il gardait ce charisme et cette beauté qui lui étaient propre. Elle l’observa lentement, comme elle l’avait souvent fait par le passé ; admira chacun de ses traits saillants et ce visage froid mais enfantin. Elle regretta son sourire qui l’avait si souvent faire rougir quelques années plus tôt et se souvint de cette nuit d’amour et de passion folle vécues. Une, parmi tant d’autres qui avaient suivies. Comme à chaque fois qu’elle venait, elle laissait un silence long parler à sa place, ne trouvant pas les mots. C’était toujours le même refrain, toujours la même rengaine.



HJ:
 
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MessageSujet: Re: Loving you is so heartbreaking Dim 5 Mai 2013 - 14:12

Beauté ? Non, la beauté ne compte peut-être pas. Tous les jours, nous voyons beaucoup de grandes beautés et nous n'avons pas d'attirance sexuelle pour ces beautés-là. Je crois que tout commence par le regard. Donc par le corps. C'est quelque chose de physique qui est au commencement. Mais le regard, c'est aussi l'âme qui sort du corps à travers les yeux. S'il faut trancher, rappelons juste que les yeux sont des parties. .. du corps.

Paul Auster


Michael Flannigan était gardien à la prison de Quantico depuis près de dix ans. Il en avait vu des cas venir et avait vécu son lot de coups durs. Partir le matin pour la prison en laissant femme et enfants derrière soi n'était jamais facile, il fallait toujours avaler ce café un peu trop amer puis sortir de la maison en veillant à ne réveiller personne. Il fallait toujours qu'il ait sa boîte de bonbons à la menthe pour se préparer à la journée. Les prisonniers s'étaient habitués à cette haleine mentholée mais tellement moins vraie selon l'un des prisonniers. Michael se souvenait de chacun de ses mots et des leçons qu'il avait apprise. Il étudiait la criminologie en espérant entrer dans la police mais aucun bon professeur ne voulut de lui à cause de ses origines mexicaines. Changer de nom n'avait pas été suffisant pour s'intégrer, il était donc devenu gardien de prison. Deux ans après être arrivé dans cette prison, il avait fait connaissance avec le cas O'Callaghan. Leur première rencontre fut musclée et Michael a eu beaucoup de mal à l'immobiliser. Il a dû lui déboîter une épaule pour qu'il se calme.
Michael se demandait bien si Edward se souvenait de ce jour. Oh oui, il devait s'en souvenir. Il n'en parlait plus car ça n'avait pas plus d'importance qu'une querelle entre amis pour lui mais il s'en souvenait très bien.

Michael tourna la clé dans le moteur de son vieux pick-up et se mit en route pour la prison. C'était le matin et la lueur orangée du soleil commençait à se faire remarquer. Le vieux pick-up se gara sur le parking de la prison et Michael en sortit tranquillement. Il fit quelques pas et montra sa carte de gardien. Il serra quelques mains moites et s'essuya ensuite sur son pantalon. Les gens dont ils prenaient la relève n'avaient apparemment pas une grande préoccupation de l'hygiène. Les détenus n'étaient sûrement pas la pour le leur rappeler. Michael se dirigea vers les vestiaires et y enfila son uniforme de gardien. Il jeta un coup d'oeil sur l'inscription au mur.

La seule monnaie qu'on accepte ici, ce sont les larmes, la sueur et le sang !!!

C'était sûrement l'un des gardiens qui avait gravé ça mais à chaque fois qu'il voyait ça, Michael pensait aux gens qui sont morts ici. Le dernier en date était le Dr Jonathan Sirkis étranglé par Edward O'Callaghan dans sa cellule. La mort était la et le mal portait le nom de tous ces terribles prisonniers. Michael poussa la porte de vestiaire et prit son tour de garde. Il entendit de la musique en patrouillant et se dirigea vers la cellule d'où provenait le son. Michael connaissait cet air et se doutait de sa provenance. Il marcha et s'arrêta devant la cellule d'O'Callaghan. Le prisonnier était allongé et la musique avait cessé. Michael se risqua à poser une question.

- Je connais cette musique. Elle venait de votre cellule.

Edward fit mine de rien entendre. Ses yeux étaient fermés et il n'y avait que son doigt qui tapait la mesure contre le mur de la cellule.

- Répondez nom d'un chien !

Un sourire se dessina sur ce visage et la langue passa à la commissure de ses lèvres. Sa voix douce se fit entendre.

- En l'état actuel des choses, je n'entends aucune musique. Peut-être avez vous rêvé où peut-être avez-vous vraiment entendu quelqu'un jouer les Variations Goldberg de J-S Bach.

Le prisonnier s'était levé et regardait le gardien avec un sourire. C'était encore ce bon vieux Michael qui venait sûrement lui demander des leçons. Le gardien qui décide de devenir l'élève du prisonnier, c'est une situation assez ironique. Michael allait commencer une journée calme avec une énigme en tête. D'où venait la musique ? Il ferait peut-être fouiller la cellule tôt ou tard.

Un peu plus tard, on lui apprit que quelqu'un venait rendre visite au détenu O'Callaghan. Un nouveau gardien prit la relève de Michael et Michael dut lui donner toutes les instructions pour transporter Edward vers la salle de visite où il attendrait tranquillement. Comme toujours, Edward ne fit pas d'histoires pendant qu'on le transportait. Il était d'un calme extraordinaire et restait indifférent aux remarques des gardiens.
On l'installa sur le siège inconfortable de la salle de visite où il allait devoir attendre. Il ferma les yeux et resta silencieux même quand la porte s'ouvrit. Il entendit les pas lents et la porte se refermer mais ne se décida pas à ouvrir les yeux pour la regarder, il savait que c'était elle.
Ses sens ne l'avaient jamais trompé et ce parfum, il le connaissait par coeur. Il l'entendit s'asseoir et poser un dossier sur la table. Il ouvrit lentement les yeux pendant que le silence durait. Edward posa d'abord ses yeux sur le dossier puis leva son regard vers celui d'Alicja. Elle était encore la, encore et toujours. Elle ne dit pas un mot donc c'était à Edward de briser le silence.

- Quelqu'un t'a mangé la langue Licha ? Cette discussion risque d'être plus difficile si on doit utiliser le langage de signes ou des dessins.

Il se mit à esquisser un de ces sourires rusés et complices.

- Tu portes toujours ce parfum. Est-ce que tu crains que j'oublie vraiment d'où il vienne ? Craindrais-tu autre-chose peut-être ? Je suis certain que tu ne viens pas me voir pour savoir si je mange bien ici et si le personnel s'occupe bien de moi alors pourquoi Licha ?

Il la regardait maintenant droit dans les yeux. Il n'y avait rien de menaçant dans ce regard mais Edward dissimulait à peine son empathie pour la jeune femme. Sa présence ici l'amusait, c'était toujours mieux que ces ratés du FBI qui venaient l'interroger sur ses motivations. C'était toujours mieux que tout ceux qui voulaient lui disséquer le cerveau à l'aide de leurs instruments émoussés.
Licha était bien plus intéressante quand elle venait. Oh oui, elle l'était bien plus qu'eux.



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MessageSujet: Re: Loving you is so heartbreaking Jeu 11 Juil 2013 - 18:05

    Le printemps avait tardé à venir cette année. La pluie, la neige et le vent n’avaient pas semblé pressé de quitter le pays pour faire place à un soleil radieux et aux chaleurs de saison. Alicja avait patienté, attendant sans mot dire que cet hiver interminable cesse enfin et suivant le temps avec un désintérêt total. Elle n’aimait pas l’été. Ou plutôt, ne le préférait pas à l’hiver ou n’importe quelle autre saison. Souvent, il faisait trop chaud et l’air devenait lourd, parfois étouffant. Dans de tels moments, il lui semblait impossible de réussir à vivre correctement et elle acceptait avec un plaisir non dissimulé toutes les missions qui lui permettraient de vivre en maillot de bains toute la journée. Le plus amusant étant certainement qu’elle adorait traînassé en jogging et débardeur de fitness dès qu’elle restait enfermée dans l’un de ses appartements. Tout le reste du temps, elle devait se pavaner en tailleur, jupe plissée et autres chemisiers pour ses différentes infiltrations. Bien que son rôle de Kristen, petite stagiaire éplorée à l’hôpital de Quantico, lui permettait de se vêtir de vêtements qui lui ressemblaient déjà plus. Mais là, elle admettait qu’elle avait l’impression singulière de se découvrir. C’était comme si elle avait rêvé toute sa vie, que tout son passé si lourd n’était rien d’autre que le fruit de son imagination et de ses songes. Comme si elle se réveillait d’un long sommeil. Elle se faisait presque l’effet d’Aurore, la princesse du conte de la Belle au Bois Dormant. Son père lui avait conté cette histoire une fois ou deux, quand elle était encore jeune pour lui faire oublier l’absence de sa mère. Hassan n’avait pas toujours sut trouver le temps pour être présent pour l’enfant mais s’était montré disponible lorsqu’elle lui demandait de lui lire une histoire, le soir. Celle de la princesse Aurore avait été sa préférée sans qu’elle ne sache pourquoi. Aujourd’hui encore, elle ne trouvait pas de réponse ; peut-être il y avait-il, inconsciemment, une sorte de métaphore avec sa vie ? Peut-être parce qu’Aurore dormait et qu’elle-même ne se dévoilait pas.

    Après des hésitations, la jeune femme avait finit par entrer dans la salle des visites. Il était déjà là, comme elle s’y était attendue. La monotonie de l’habitude et du quotidien viendrait alors s’installer sans qu’elle ne fasse semblant de vouloir y remédier. S’approchant doucement, comme si elle espérait encore pouvoir le surprendre, elle avait finit par laisser le dossier tomber sur la table en métal et s’assoir en face de lui. Toute la colère qu’elle éprouvait à son égard parut s’envoler quand elle posa son regard sur lui. Une triste lueur élégiaque alluma ses yeux clairs mais son visage ne laissa rien transparaître. Cache tes sentiments avant qu’il ne t’utilise. Une fois de plus. Qu’est-ce qui l’avait le plus blessée ? Qu’il l’abandonne alors qu’elle s’attachait réellement à lui, ou qu’elle n’ait pas sut se rendre compte du jeu auquel il jouait ? S’en voulait-elle parce qu’il avait mal tourné ou parce qu’elle n’avait pas sut le retenir entre ses bras ? Il s’était évaporé sans mot dire ; sans un regard en arrière et sans regret apparent. Avant de surgir dans sa nouvelle vie, le couteau de la grande faucheuse au-dessus de lui. Non, il n’était pas mourant, mais il ne pouvait pas rester en vie après tous les crimes qu’il avait commis. Devait-elle être celle qui mettrait un terme à tous ses meurtres ? Il lui avait semblé que lui. Elle s’en était même fait son devoir, un fin sourire sur les lèvres alors que la traque à l’homme avait débutée. Elle avait crut avoir retrouvé Edward, retrouvé leur complicité si contradictoire qui les avait lié dès les premiers jours. Elle s’était leurrée. Après plusieurs mois, peut-être même quelques années, d’amusement, l’heure avait sonné. Alicja avait remporté cette victoire et les premiers jours, elle en avait ressentit une grande fierté. Son arrogance s’était peinte sur ses traits et elle avait commencé ses visites plus ou moins régulières à la prison pour rappeler à Edward qu’il s’était laissé avoir. Et puis quelque chose l’avait rappelée à l’ordre. So can you name your demon? Understand it’s scheming. I raise my glass and say “here’s to you”. Can you chase your demon? Or will it take your freedom? I raise my class and say “here’s to you”. La réalité avait effacé l’illusion dans laquelle elle s’était complut les premiers mois qui avaient suivis l’arrestation d’Edward. Tout cela grâce à une chanson entendue en passant devant un bar.

    Sans quitter le détenu des yeux, Alicja l’avait vu poser son regard sur le dossier avant qu’il ne le lève sur elle. Infaillible et maintenant habituée à ce qu’il sache lire en elle aussi facilement qu’un archéologue déchiffrait un parchemin, elle ne broncha pas, se montrant froide pour cacher tout ce qu’elle aurait voulu lui cracher au visage. Les mains posés sur ses genoux et torturait le pan de sa robe légère, l’agent fédéral sentit les muscles de son visage se détendre à mesure que ce combat de regards approchait de sa fin. Elle savait qu’il allait parler le premier. C’était toujours comme ça que cela se déroulait. Elle venait, à l’improviste le plus souvent, mais ne pipait mot tant qu’il ne l’avait pas fait. La suite dépendait de la conversation et du sujet amené. Mais cette fois-ci, elle sentait que quelque chose allait être différent. Un pressentiment qu’elle aurait préféré mettre de côté. Et si elle craquait ? S’il la faisait craquer, comme lui seul savait si bien le faire ? Elle fuirait. La réponse tranchante n’avait pas mis deux secondes avant de lui parvenir, aussi affûtée qu’un couteau bien aiguisé. La facilité était toujours la meilleure option face à Edward. Ce dernier avait pris la parole, commençant par une taquinerie dont il avait le secret. Malgré elle, Alicja lui offrit un sourire. Un de ceux qu’elle avait oublié d’esquisser depuis bien trop longtemps, maintenant. Les barreaux de la prison ne pouvaient retenir leur complicité. It’s whatever makes you see, makes you believe and forget about the premonition you need to conceive. The images they sell are illusion and dream in other words dishonesty.
    « Ne connais-tu donc pas ce proverbe qui dit qu’un regard seul suffit parfois à la parole ? »
    Elle avait accompagné sa réplique d’un haussement de sourcil un brin narquois. Dès lors que la conversation était lancée, elle retrouvait son assurance et son cynisme. Déposant les coudes sur la table et entourant le dossier de ses bras, la polonaise s’était légèrement penchée en avant. Mais bien vite, son souffrir mi-las, mi-amusé disparut de son visage. Instinctivement, elle avait porté une main à son cou avant de réaliser que ce geste était inutile ; alors que son regard se troublait dans l’esquisse d’un souvenir, ses doigts rencontrèrent sa peau à l’endroit où elle avait déversé un peu de son parfum. Sa gorge se serra mais elle retrouva le contrôle de son corps une poignée de secondes plus tard. Edward avait le don de la percer à jour tout en l’exaspérant. Elle savait qu’il avait vu le dossier, était certaine qu’il connaissait déjà la réponse à toutes ses questions. Mais il les posait quand même. Qu’espérait-il tirer d’elle ? Que voulait-il encore lui voler qu’il n’avait pas déjà ? Son innocence, son amour pour la société et sa confiance en elle lui appartenaient. Qu’attendait-il ?
    « Oh, je suis sûre que tu es parfaitement bien traité, ici alors que j’ai récemment entendu dire que tu avais réussit à étrangler un membre du corps médical de la prison… Si tu veux mon avis, ils sont un peu trop laxistes, mais c’est pour ça qu’ils bossent dans une prison et non pas au Bureau Fédéral. »
    Soutenant son regard d’acier, Alicja laissa un ange passer avant de continuer, d’un air nonchalant. Elle avait volontairement ignoré la remarque sur le parfum, sachant que ce débat était perdu d’avance. La jeune femme se redressa légèrement et désigna le dossier du menton et finit par le lui tendre pendant qu’elle s’expliquait.
    « Je suis là pour ça et uniquement pour ça. Un dossier difficile et mes patrons pensent sûrement qu’en tant que psychopathe, tu es le plus à même de nous filer quelques tuyaux… Le suspect a déjà commis quatre meurtres. Toujours des fillettes âgées de dix à treize ans. Elles ont toutes été retrouvées mortes, strangulation. Mais la dernière porte aussi des marques d’ecchymose et de brûlure. A côté d’elle se trouvait un mot que tu trouveras dans le dossier. Certains disent qu’il monte en puissance, d’autres qu’il cherche la reconnaissance des médias. »
    Elle était claire et concise. Les détails, il les trouverait dans le dossier qu’elle avait apporté et qui était sûrement son prétexte premier pour cette visite imprévue. Pendant le temps de son rapide briefing, elle avait fait passer ses yeux déterminés du dossier à Edward, cherchant la moindre réaction sur son visage qu’elle connaissait par cœur. Elle se garda de lui dire que ses supérieurs avaient déjà demandé l’avis de profilers, censés être des experts en la matière, mais qu’elle avait insisté pour avoir l’opinion d’Edward, à laquelle elle accordait davantage de crédit. Sans doute qu’il s’en doutait déjà.
    « Je crois que mon boss t’aime bien. »
    Avait-elle finit par laisser tomber d’un air fatigué. Ce n’était guère important mais elle avait tenu à le dire, comme si elle voulait avoir une excuse quant ces fréquentes demande d’aide dans un dossier. Comme si elle voulait se convaincre qu’elle n’avait pas besoin de lui pour faire une bonne enquête mais que Wilberforce la contraignait à faire appel à son ami d’enfance.
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MessageSujet: Re: Loving you is so heartbreaking Mer 7 Aoû 2013 - 8:22

Edward sourit aimablement en réponse à la remarque de Licha. Le regard, tout tournait autour de ça. Même les plus grands psychologues, même les plus grands profilers ne connaissaient pas tout les secrets que pouvaient avoir un regard.
La remarque sur le parfum prit une nouvelle fois Alicja au dépourvu mais elle devait maintenant s'en douter depuis le temps. Edward jouerait avec toutes les cartes qu'il aurait en main où les laisserait de côté attendant son heure.

- L'âme sort du corps par les yeux. Voila bien souvent toute l'importance d'un regard. Il t'arrive de lire Licha ?

Il citait du Paul Auster de manière discrète et pas si évidente que ça. Il savait sûrement qu'il allait se faire envoyer balader avec une question pareille. Elle ne venait pas pour ça, pas pour subir des boutades et se sentir manipulée par lui.
Il fallait jouer cartes sur table, enfin c'était le moment...

Elle lui tendit un dossier qu'elle lui expliqua pendant qu'il feuilletait les pages avec un certain amusement. Il ne s'attarda pas sur la biographie des victimes mais préféra observer les photos des cadavres. Il sourit amusé.

- Aucune des victimes n'a été violée n'est-ce pas ?

Il trouvait ça amusant car le profiler de base avait sûrement dû penser à un tueur pédophile mais si ce type ne les a pas violé, la thèse du pédophile ne tient plus. Et pourquoi pas celle du pédophobe ? Le mot n'existait pas mais l'idée plaisait à Edward. Il était même certain d'avoir compris ce que les autres ne comprenaient pas.

- Je pense que votre tueur a un sacré problème avec les enfants, enfin avec une en particulier pour être exact. Il est père et il le vit très mal.

Edward demeura silencieux se demandant si Alicja était parvenue à suivre son raisonnement ou pas. Il ajouta comme une petite pique et un indice majeur.

- Il est un peu comme Willy Wonka pour ça si tu vois ce que je veux dire.
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