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Ma parole est silence, mon silence est un art qui parle[Spencer Reid]

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MessageSujet: Ma parole est silence, mon silence est un art qui parle[Spencer Reid] Jeu 8 Nov 2012 - 19:12

Je tenais le petit carnet ouvert sur mes genoux, assisse sur le banc de bois blanc, les jambes fléchies contre moi. Le crayon dans ma main glissait sur la feuille au papier lisse légèrement granuleux, le trait noir se courbant, s’élevant d’un coup, tournoyant, le geste souple, vif et lent, précis, fluide, délicat… Je regardai le dessin, penchant la tête sur le côté, avant de relever le regard vers le paysage bucolique que je reproduisais. Je n’avais pas l’habitude de faire ça, là où mes dessins étaient toujours d’un noir profond, emplis de mes émotions les plus obscures, retraçant les souvenirs cauchemardesques, ici la nature était belle, colorée, joyeuse et lumineuse. C’était la psychologue qui m’avait demander d’essayer de dessiner les belles choses que je voyais, parce que mes dessins étaient très tristes et que je devais aussi apprendre à voir ce qu’il y avait de bien autour de moi.

J’avais commencé par un dessin de la nature, dans le parc de l’hôpital, sur un petit banc blanc, devant un bosquet avec un très grand saule pleureur, le vent agitait ses longs cheveux qui balayaient le sol d’ombres trouées d’éclats lumineux. Des buissons de buis s’élevaient en rochers végétaux sur l’herbe d’émeraude douce et égale, des fleurs aux parfums délicats embaumant l’air, coloraient ce paysage de rouge, de bleuté et de jaune. Je levai mes yeux vers le ciel azuré, il faisait beau aujourd’hui, et même plutôt chaud, je portais une longue robe en coton violette que Kate m’avait offert, cachant mes jambes et mes bras recouvert de marques. La lumière du soleil dansait dans les branchages, jouant à travers la ramure, habillant la nature d’une lueur olive sous le dôme de feuilles et de bois bruns et verts, ses reflets faisaient briller la rosée encore attachée en perles scintillantes à la végétation. J’aime pas le vert.

Je reposai mes yeux sur le dessin, penchant la tête sur la gauche, de plus en plus, quelque chose dans le dessin, un détail étrange, retenait mon attention. Je redressai ma tête, et prenant le carnet le fit tourner pour mettre la feuille à l’envers. La psychologue n’allait pas être contente. Mes yeux s’étaient écarquillés de peur en voyant le dessin déformé. Ce qui à l’endroit représentait un paysage boisé, beau et rassurant, montrait à l’envers des formes de monstres, qui s’entremêlaient dans une brume épaisse d’ombres et de fantômes. Effrayée je refermai immédiatement le carnet et le repoussai, comme si il les monstres allaient prendre forme et s’en échapper si jamais je le laissais ouvert. C’était comme avec le dessin des yeux, ceux du monstre qui me faisait le plus peur, quand Jack me l’avait montré, pour savoir si c’était lui l’homme, j’avais été tellement terrifiée que j’avais eu l’impression qu’il allait sortir de mon carnet pour apparaitre devant moi.

Je l'avais reposé à côté de moi, et pris ma tête entre les mains, passant mes paumes sur mon visage fatigué, avant d’entremêler mes doigts à mes cheveux, en les repoussant en arrière, je resserrais mes genoux contre moi, passant mes bras autour, et y cachant mon visage. J’inspirai et j’expirai doucement, comme la psychologue me faisait faire, pour faire partir mes angoisses, en me concentrant sur des choses positives, comme Kate, Jack, je réentendais leurs voix, qui me rassuraient, me réconfortaient. J’étais en sécurité ici, je ne craignais rien, le monstre était loin. Je savais que les infirmières me surveillaient, pas très loin, attendant l’arrivée du monsieur qui voulait me parler.

C’était un docteur qui travaillait au FBI, Kate m’avait expliqué un long moment, pour me faire comprendre qu’il ne me voulait pas de mal, qu’il voulait juste parler avec moi. Elle et Jack pouvaient pas être là, j’allais être toute seule pour le voir, toute seule avec un homme, que je connaissais pas. Mais il y avait les infirmières, qui restaient pas très loin. J’essayai de me convaincre que j’étais protégée, Kate m’avait assurée que je ne craignais rien, que c’était un gentil, qui travaillait comme et elle et Jack pour protéger les personnes innocentes, et arrêter les méchants, empêcher les monstres de faire du mal.

Je m’étais demandée pourquoi on avait pas empêché qu’un monstre me fasse du mal, pourquoi on m’avait pas protégée, pourquoi on l’avait laissé me faire tout ça, pourquoi personne ne s’était préoccupé de ce qui se passait, pourquoi personne ne m’avait recherché, pourquoi on m’avait abandonné. Je n’avais pas demandé à Kate, je n’avais rien dit, je ne disais jamais rien. Mais c'est vrai que je me posai de plus en plus de questions maintenant que je découvrais que la vie telle que je la connaissais n'avait rien de normale, et que j'étais encore enfermée dans un monde qui n'était pas celui où j'aurais du grandir.

Je continuai de respirer doucement, essayant de repousser mes pensées, mes souvenirs, de les empêcher de me faire du mal, c’était très dur. Je rouvris les yeux, mon regard craintif, comme un petit animal effrayé, regardant autour de moi, l'étendue du parc, où marchaient quelques patients et membres du personnels médical, leurs pas faisaient crisser les graviers fins roses et rouges. Je m'attachai à décrire objectivement mon environnement, c'était aussi une technique pour m'échapper des pensées qui me hantaient, du moins temps que je n'étais pas encore capable de les affronter seule, d'ailleurs je ne pensais pas pouvoir y parvenir un jour. Mais je n'arrivais pas à me rassurer par le biais du monde extérieur, tout m'y paraissait si effrayant, à commencer par les autres, qui constituaient autant de menaces que de potentiel danger pour moi. Il m'avait dit que j'étais un être faible, et que les êtres faibles étaient soumis aux êtres forts.
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MessageSujet: Re: Ma parole est silence, mon silence est un art qui parle[Spencer Reid] Dim 2 Déc 2012 - 15:39




Ma parole est silence, mon silence est un art qui parle

« What happened in the past that was painful has a great deal to do with what we are today. » ► William Glasser
Le travail comptait énormément dans la vie de Spencer, il ne se voyait pas faire autre chose que Profiler. C'était comme une vocation, tant il était observateur et intelligent, sans prétention. Ses capacités intellectuelles avaient fait leurs preuves plus d'une fois et nul n'osait plus douter de ce grand gaillard aux allures chétives et fragiles. Reid avait tout à fait sa place dans l'équipe et chacun des membres du FBI lui témoignait son plus profond respect. Il était jeune, le plus jeune agent que l'on ai vu depuis bien longtemps, mais peu importait. Petit frère de tous, il s'entendait et aimait ses collègues comme une famille, celle qu'il n'avait jamais pu avoir...

Aujourd'hui, Spencer avait rendez-vous avec une petite fille qui était dans un hôpital suite à de très durs événements. En arrivant devant l'endroit, il repensa irrémédiablement à sa mère, sa seule famille. Il l'avait abandonné, laissé à Las Vegas pour qu'elle ne subisse pas les affres de la vie, devenue trop difficile à contrôler. Le jeune Docteur aimait sa mère plus que tout au monde, il l'avait aidé, fait le boulot d'un adulte alors qu'il n'avait pas quinze ans. Il avait due la placer en institution à sa majorité, et vivre sa vie d'homme. Il était dommage qu'elle ne puisse être rapatriée dans le coin, mais aussi bien plus bénéfique pour l'esprit du jeune homme qui avait bien assez à faire pour avoir le temps de s'inquiéter pour elle. Il le faisait, mais savait qu'elle allait bien, on le tenait informer. Il se sentirait trop obligé de prendre soin d'elle par ses propres moyens si elle était là, tout près, comme la petite Lili qu'il était venu voir. La fillette était bien jeune et avait subit des traitements pire qu'on ne peut en supporter. Elle était réservée, dans son monde comme avait confié la psychologue au Docteur. Reid avait envie d'étudier son cas, afin de voir s'il pouvait l'aider. Il avait déjà suivit des patients comme ça, dont un criminel schizophrène pour qui il éprouvait de la compassion malgré la psychopathie et la dangerosité de sa double personnalité. Il affectionnait les cas particulier mais celui de Lili semblait unique en son genre pour le coup. Alors peut-être qu'en aidant la petite à s'ouvrir à lui, il parviendrait à la sortir de là, à arrêter l'homme qui lui avait fait du mal. Il fallait comprendre les victimes pour capturer leurs agresseurs et Lili semblait être une des seules à avoir su s'en sortir « indemne ».

En premier lieu, le Docteur Reid devait s'entretenir avec le directeur de l'établissement. On lui indiqua alors le bureau. La conversation ne fut pas longue. L'homme le prévint juste que la demoiselle était plutôt secrète et réservée, et craignait les inconnus. Sur ce point là, elle avait un point commun avec Spencer qui avait du mal avec les relations humaines en général. Peut-être qu'elle sentirait que ses intentions étaient pures et n'aurait pas peur. « Tenez, elle est dans le jardin, Margie vous accompagnera, elle connaît bien Lili et saura quoi faire en cas de problème. » dit le directeur en appelant l'infirmière. Spencer acquiesça doucement. Ils se saluèrent et le docteur put descendre dans le parc de l'hôpital. Lili était sur un banc et Spencer reconnu de loin cette position de défense, elle tentait de calmer une frayeur. Il souhaitait que ce ne soit pas son approche qui panique l'enfant et se montra des plus ouvert lorsqu'il atteignit le banc, l'infirmière restant en retrait. « Bonjour Lili. On t'as prévenu que je venais discuter avec toi un moment ? Je m'appelle Spencer. » se présenta-t-il, un sourire timide mais bienveillant sur son visage doux.
La petite releva les yeux vers lui, on sentait l'inquiétude pointer. Reid devait impressionner la petite tant il était grand et maigre, il faisait souvent cet effet là de paraître trop fragile et trop enfantin pour être apte dans son travail. Il n'était en rien une menace pour les gens. « Est-ce que tu veux bien qu'on parle tous les deux ? L'infirmière peut rester si tu te sens plus à l'aise. » précisa-t-il pour ne pas déstabiliser la jeune fille en se retrouvant uniquement avec lui. Il savait combien les repères étaient importants pour quelqu'un de son âge. « Je peux m'asseoir ? » Il attendit la réponse, c'était le mieux à faire pour ne rien brusquer. Il savait s'y prendre avec les jeunes gens. Il ne précipiterait rien, ne la forcerait pas à quoique ce soit. Il attendrait patiemment qu'elle s'ouvre à lui.


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