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Une offre difficile à refuser !!

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MessageSujet: Une offre difficile à refuser !! Ven 5 Oct 2012 - 18:24

Une Offre Difficile à Refuser !!

Alicja L. Zelski - Silvia Radwanska





Qu’est ce que la journée pouvait être longue. Silvia n’en voyait pas le bout et pourtant elle était connue pour sa patience. Intérieurement elle bouillait mais elle ne laissait rien transparaitre dans son apparence ou sur son visage. Mais là le temps semblait s’être carrément liguait contre elle.
 
Sa matinée avait été consacrée au phoning – chose qu’elle détestait mais qu’elle se devait de faire quand même – a essayer de contacter des gens et de les convaincre à souscrire à une assurance quelconque de l’agence.
Bien sur la plupart d’entre eux l’envoyer sur les roses – quoi de plus normal, elle aurait certainement faire à la même chose à leurs places – du coup au bout de dix appels non abouti, Silvia avait lâché l’affaire. C’était trop déprimant. Du coup à la place et pour s’occuper, elle avait checker ses mails et relancer quelques entreprises pour un séminaire.
L’après midi était lui consacré à une succession de rendez vous tous plus déprimant les uns que les autres. . Silvia avait même l’impression que certains clients venaient la voir parce qu’il avait besoin de parler ou tout simplement de compagnie. Et oh faut pas pousser mémé dans les orties, elle n’était ni psychologue, ni assistante sociale et elle avait d’autre à faire que de les écouter se plaindre de tout et de rien. Dans ces cas là, elle n’avait qu’une envie c’était de les secouer et de leur dire  ”mais bordel je ne suis pas votre amie ”
Et surtout notre belle banquière ne pensait qu’à une chose, le fric qu’elle aurait pu se faire en 3 manipulations sans se faire repérer. Combien de gens avait-elle escroqué de cette manière ? Certainement des centaines. Et jamais les soupçons ne se posaient sur elle. Enfin si une fois, mais cela était de l’histoire ancienne. Maintenant elle ne devait pas faire attention qu’à elle. Son petit frère entrait en ligne de compte. Et pour son bien elle ne pouvait plus se permettre de prendre ce genre de risque.
 
Bref, sa journée était enfin finie. Il était 18h et Silvia n’aspirait qu’à une chose, rentrer chez elle, se prendre un bon bain chaud, et le plus important prendre l’apéro avec son petit frère. C’était une tradition sacrée chez eux. Quand ils étaient tout les deux à la maison c’était vodka-orange avant de manger. Mais si jamais l’un deux était absent pour une raison ou pour une autre alors la vodka-orange était remplacé par de la bière. Parce qu’il n’y a rien de plus important que de vivre des moments comme ça avec sa famille.
Surtout que notre jolie brune avait une relation très forte avec son petit frère. Depuis la mort de leur mère, c’est elle qui s’occupait de lui et elle était prête à faire n’importe quoi pour lui. Elle se devait de le protéger.
 
Silvia en était encore à ce genre de considération quand elle entra dans le parking de son agence. Elle ne faisait pas particulièrement attention à ce qui l’entourait, mais un bruit suspect la fit réagir et tout de suite elle était sur ses gardes. Pas qu’elle avait peur, mais on n’est jamais trop prudent dans ce genre d’endroit.
Aussi elle fit quelque chose de peut être téméraire mais que risquait-elle de toute façon ? Il fallait faire quelque chose.
 
Je sais qu’il y a quelqu’un, et j’ai passé l’âge de jouer à cache-cache
 
Ce n’était pas de la provocation de sa part, mais elle n’avait pas envie de jouer les jeunes femmes effarouché qui ont peur au moindre bruit anormal.  Et puis surtout ça la faisait bien chier ce contretemps parce qu’elle avait vraiment envie de rentrer chez elle.
Le temps que la personne se décide à se montrer, elle envoya rapidement un sms à son frère disant qu’elle serait en retard. Un imprévu précisât-elle sans en dire plus pour autant.
 


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MessageSujet: Re: Une offre difficile à refuser !! Jeu 15 Nov 2012 - 12:51


RADWANSKA & ZELESKI
❝ Call all your friends, tell them I'm never coming back, 'cause this is end, pretend that you don't want it, don't react ❞ STAR © TASHAA


    Le temps était un tortionnaire. C’était toujours lorsqu’il y avait urgence qu’il prenait un malin plaisir à s’écouler au ralenti. Et Alicja n’était pas connue pour être d’une grande patience, bien au contraire. Et son hyperactivité n’aidait en rien. La jeune femme détestait rester assise durant des heures, bras et jambes croisés. Déjà qu’il lui était très difficile de rester inactive plus d’une vingtaine de minutes… Elle poussa un soupire, gigota sur son siège pour se rasseoir. Bon sang mais qu’elle foutait ?! Alicja avait pourtant appris ses horaires par cœur, et pour sûr, elle l’avait suivit presque un mois entier après l’avoir repéré plusieurs semaines plus tôt. La filature avait été discrète et Alicja avait finit par ne plus prendre de pincette. Peut-être avait-elle été remarquée, cela n’avait aucune importance. Le jour de la rencontre était enfin arrivé, mais le Maître du Temps semblait d’humeur sadique. Ou joueur, l’agent fédéral ne savait pas encore trop bien. Mais une chose était sûre, c’était qu’elle commençait à en avoir marre. Et qu’elle regrettait de ne pas être un personnage de série B typiquement américaine – ou canadienne, elle devait admettre qu’il y en avait d’excellentes – comme Adam Worth, John Druitt ou encore Hiro Nakamura. Eux, au moins, avaient la faculté de courber le temps et l’espace à volonté. Un avantage non négligeable et pour lequel Alicja était prête à donner cher. Sans doute qu’avec un tel don elle serait retournée dans le passé. Elle voulait profiter de sa mère avant que celle-ci ne tombe malade, elle voulait avoir une chance d’essayer de sauver son père de l’alcoolisme. Mais surtout, elle voulait retrouver Edward, le retenir. Son Edward qui lui manquait tant. Ce jeune garçon avec lequel elle s’était souvent battue, ce jeune adolescent qui lui avait appris à avoir confiance en elle, ce jeune adulte qui l’avait soutenue et aimée alors qu’elle avait semblé au bord du gouffre. Et non pas l’homme qui l’avait abandonnée dans une ville immense et inconnue, ni le monstre qu’elle avait pourchassé sans relâche. Et encore, elle ne parlait pas de cette enveloppe charnelle vidée d’esprit à qui elle rendait visite régulièrement. Edward n’avait plus rien du jeune garçon qu’elle avait longtemps admiré et qu’elle connaissait. Alicja ne savait même pas à quel moment il avait commencé à s’éloigner d’elle. Tout ce qu’elle savait, c’était qu’elle s’en était aperçue que trop tard et que cela lui avait fait l’effet d’une bombe. Elle avait peur de l’abandon mais la trahison avait un goût âpre dans sa bouche.

    Alicja jeta un regard à sa montre. Une demi-heure. C’était le temps qu’il lui restait à attendre avant que sa « proie » ne sorte. Elle était prête. Prête à quitter le confort et la chaleur de sa voiture pour se heurter à la fraîcheur de cette fin d’automne. Prête à bondir pour arrêter sa potentielle nouvelle alliée avant que celle-ci ne disparaisse. Prête à agir. Elle lança un nouveau regard à son dossier. Silvia Radwanska. Trente ans. Née en Pologne en mai quatre-vingt deux, banquière dans l’unique banque de Quantico. Parents décédés mais est responsable légale d’un petit frère. Soupçonnée de vol une fois. Une seule fois. Les charges n’ont pas été retenues, il n’y avait aucune preuve de son implication. Alicja, cependant, était certaine que Radwanska était impliquée, d’une façon ou d’une autre. Elle n’avait pas de preuves, aucun témoin, mais elle le savait. Appelez ça une intuition. Après lecture de son dossier, Alicja avait trouvé ceci plausible et logique. Après le décès du patriarche Radwanska, la famille avait eu du mal à subvenir. Le vol n’était pas rare à Brooklyn. Alicja devait admettre qu’elle n’en voyait pas l’utilité, mais cela venait sûrement du fait qu’elle n’avait pas ce genre de problème d’argent ; cette situation, elle ne pouvait pas l’imaginer. Certes, ses parents avaient eu du mal à s’en sortir en Pologne, mais son père avait finalement accepté de rejoindre l’entreprise familiale dès qu’il avait sut qu’il allait devenir père. Et depuis, Wilma et Hassan avaient tout fait pour que leur fille dispose de l’argent dont elle aurait besoin. Après plusieurs recherches, elle avait même appris qu’elle était héritière de l’entreprise. De l’argent, elle en avait à revendre. Mais elle n’en usait que très peu, ou alors, elle le dépensait principalement pour ses infiltrations. Ainsi, elle se retrouvait avec un appartement et un duplex à Washington, mais aussi une villa au nord de New York, une maison à Philadelphie et un studio à Boston. Il lui était même arrivé d’acheter des actions pour donner plus de crédibilité à son personnage, mais avait préféré rester raisonnable. Il fallait admettre que les arnaques, ce n’était pas vraiment son point fort.

    Grâce à son rétroviseur, Alicja put voir les portes de la banque s’ouvrir. Elle se redressa, aux aguets. Dix-sept heures cinquante. Dix minutes et ce serait la fin du service de Radwanska. Dix minutes et elle pourrait enfin avoir la conversation qu’elle imaginait depuis près d’un mois. Elle ne savait pas encore comment l’aborder, ni quelle serait la réaction de la banquière, mais Alicja avait plus d’un tour dans son sac. Le chantage n’était pas ce qu’elle préférait, mais elle en était capable si c’était nécessaire. Elle s’était suffisamment informée sur Silvia pour savoir où faire pression. La manipulation ne lui faisait pas peur, pas plus que les répercussions que cela pouvait avoir. Si son patron apprenait ses intentions, nul doute qu’elle pourrait dire adieu à sa carrière d’agent et que la prison l’attendrait. Peut-être il y avait-il même une cellule à son nom ? Après doute, elle savait que plusieurs agents doutaient d’elle à cause d’Edward et de ce qui l’attachait à lui. La vérité, c’était qu’elle-même ne savait pas trop ce qu’elle était capable de faire. Personne ne pouvait essayer de comprendre ce qu’il y avait entre Edward et elle. Personne. Parce que c’était indéfinissable, parce que c’était unique. Parce que c’était bien trop complexe pour mettre des mots dessus. Ses sentiments pour lui se rapprochaient à la fois d’un amour fraternel mais ils étaient bien plus fort que cela. Et, dans un même temps et paradoxalement, elle le détestait. C’était plus que compliqué.

    L’agent fédéral ouvrit la portière ; Silvia venait de sortir et se dirigeait vers le parking. Il fallait qu’Alicja l’intercepte avant qu’elle n’atteigne son véhicule. Elle s’était délibérément garée de façon à arriver par le côté ; elle ne voulait pas lui montrer qu’elle l’attendait et éveiller les soupçons des collègues de Silvia. C’était bien trop risqué, pour l’une, comme pour l’autre. Elle n’avait pas trop réfléchit à la façon dont elle allait l’approcher, mais plusieurs idées lui venaient à l’esprit maintenant qu’il lui fallait trouver un moyen. Gagner du temps pour qu’il ne reste que Silvia et elle-même sur le parking. Les autres témoins devaient disparaître ; aucune oreille indiscrète ne serait tolérée. Lorsque la portière se referma, elle émit un bruit étouffé. Alicja ne s’en soucia pas plus que nécessaire, mais cela ne semblait pas être l’avis de Silvia. Jouer à cache-cache, hu ? L’agent fédéral ne retint pas un fin sourire ; cela ne pouvait qu’aller avec son idée. Elle se montra, tout sourire. S’approchant de Silvia, elle l’appela par son prénom.
    «Silvia ! Je suis désolée je n’ai pas pu résister à la tentation de te faire une petite surprise. Apparemment raté puisque tu m’as entendue… Enfin, tu sais que la discrétion n’a jamais été mon fort, pas vrai ? Mais dis donc, ce que tu as changé après toutes ces années ! Tu te souviens de moi ? Amanda ? Amanda Hightmayer ? On était voisines à Brooklyn. »
    Et elle continua à déblatérer d’autres mensonges, espérant que Silvia entre dans son jeu. Pour appuyer cela même, elle osa le Diable et déposa une main sur l’épaule de Radwanska alors qu’elle se penchait pour feindre de lui faire la bise. En réalité, sa joue frôla à peine celle de Silvia. Le contact avec les autres, ce n’était pas non plus un de ses points forts. Surtout avec de inconnus. Mais c’était malheureusement une étape parfois obligé. Fort heureusement qu’elle était capable de mettre ses phobies et ses autres défauts de côté le temps d’une infiltration – bien que là ce n’en soit pas réellement une. Elle observa Silvia à la dérobée, comme une amie d’enfance l’aurait fait. Elle lui expliqua ainsi qu’elle avait appris qu’elle travaillait ici et que, de passage à Quantico pour un problème personnel, elle avait voulut en profiter pour lui faire un rapide coucou. Le parking se vidait, Alicja pourrait bientôt faire tomber le masque, bien qu’elle n’ait aucune intention de lui dévoiler sa véritable identité. Dire à une criminelle qu’on est un agent fédéral et qu’on veut juste de l’aide n’était franchement pas un bon plan. Elle vérifia d’un coup d’œil circulaire qu’elles étaient bien seules. Elle allait entrer dans le vif du sujet, n’aimant pas s’encombrer de politesses artificielles.
    «J’ai besoin de votre aide. Ou plutôt de vos talents. Il faut que vous me trouviez une importante somme d’argent. Je vous donnerai de plus amples informations si vous acceptez le job et, bien sûr, vous serez grassement payé à la fin de tout ceci. Du moins, si vous le faîtes correctement, ce dont je ne doute pas une seule seconde. »
    Elle avait retrouvé son ton normal, oubliant totalement la nuance un peu gamine et fofolle du rôle qu’elle s’était donné. Elle ne savait pas quelle allait être la réaction de son interlocutrice ; si elle avait feindre de ne pas savoir de quoi elle parlait, si elle allait refuser l’offre… Ou si elle en aurait une autre à laquelle Alicja n’aurait pas pensé. L’imprévisiblité était une chose que la jeune femme aimait… Mais en quantité limité. De toute façon, elle n’avait pas encore joué toutes ses cartes. A la manière d’Helen Magnus, elle avait toujours plus d’un tour dans son sac.


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MessageSujet: Re: Une offre difficile à refuser !! Mer 28 Nov 2012 - 19:10



Silvia n’était pas le genre de personne à sursauter ou à avoir peur du moindre bruit quand elle était dans un endroit isolé et toute seule. Mais sur le coup dans le parking de son boulot il pouvait se passer énormément de chose. Surtout que comme à l’accoutumé elle était partie avant tout le monde. Alors certes il ne tarderait pas à arriver sur le parking également, mais en l’espace de deux-trois secondes, il pouvait se passer bien des choses.
Le bruit était peut être discret, mais il était accompagné de bruit de pas. Et avec tout ce qui se passait en ce moment elle savait que la personne n’était pas là pour aller retirer de l’argent ou attendre quelqu’un d’autre. Non son instinct lui disait que cette personne homme ou femme était là pour elle. Et rien que pour ça tous les radars de Silvia était déployés.
Elle se demanda même si ce n’était pas un coup de John. Qu’il envoie quelqu’un pour commencer à rembourser les nombreuses dettes qu’elle avait contracté auprès de lui. Mais ce n’était pas dans ses habitudes d’agir comme ça. C’était un homme honnête – dans la mesure du possible – et il préférait discuter clairement avec Silvia plutôt que lui faire un coup tordu. Du moins essayait-elle de s’en persuader.

Enfin elle vit la personne qui était venu, et effectivement elle ne s’était pas trompé puisque cette femme l’avait appelé par son prénom. Chose très étrange puisqu’elle ne l’a connaissait ni d’Eve ni d’Adam. Par contre elle semblait en savoir long sur elle. Un peu comme John finalement.
Les collègues de Silvia avaient commencé à arriver sur le parking, et pour ne pas éveiller les soupçons cette femme inventa une histoire comme quoi elle était voisine avant à Brooklyn. Etant femme de sang-froid et sachant qu’elle ne s’en sortirait pas si elle n’entrait pas dans le jeu de cette personne elle fit mine de réfléchir et d’avoir une illumination.

A mais oui Amanda, comment je n’ai pas pu te reconnaitre. Tu n’as pas changé c’est dingue. Alors raconte-moi, qu’est ce que tu deviens ?

De devoir jouer la comédie comme ça ne lui plaisait pas du tout parce que d’une elle ne la connaissait et de deux ses collègues étaient encore sur le parking.
Mais dire qu’elle ne l’a connaissait pas reviendrait –peut-être – à mettre la vie de ses collègues en danger. Et bien qu’elle ne les aimait pas vraiment, elle ne pouvait pas leur imposer ça. Certains était marié, d’autre avait des enfants. Donc pour le bien de tous elle continuer à jouer le jeu avec cette « Amanda » prenant des nouvelles et inventant de fausses anecdotes les concernant. Et à se demander si ils faisaient vraiment attention à elle, parce qu’aucun – même si elle était avec quelqu’un – ne lui lança un simple « bonsoir »
Pourtant un simple mot ne pouvait pas leur écorcher la bouche, mais à croire que si. Cependant maintenant les faux semblants étaient tombés puisque la dernière personne avait quitté le parking et Silvia se retrouva donc toute seule avec cette Amanda, et elle se doutait bien que ce n’était pas son véritable prénom.

Les masques n’étaient maintenant plus d’utilité, et Sylvia fut surprise de voir que cette femme venait ici pour réclamer son aide. Enfin son aide c’était un bien grand mot, elle voulait surtout utiliser son talent pour obtenir une grosse somme d’argent. Sans oublier de dire qu’elle toucherait une bonne commission pour effectuer ce travail.

Je suis au regret de vous dire que je ne peux accepter votre offre

Ce n’était pas l’envie qui lui manquait pourtant. Silvia était toujours intéressée pour gagner toujours plus d’argent, mais en ce moment elle était dans l’impossibilité d’aider cette personne, qui d’ailleurs ne semblait pas vraiment en détresse pour avoir besoin d’une telle somme d’argent.
Et puis surtout elle était déjà en affaire avec John et elle n’avait pas l’intention de devenir un agent double.
Pas qu’elle avait peur de s’emmêler les pinceaux, non elle était bien trop organisée pour ça, mais accepter cette offre, serait en quelque sorte trahir John.

Désolé de vous avoir fait perdre votre temps. Adieu

Dire « adieu » sonnait très pompeux aux oreilles de Silvia, mais effectivement elle comptait ne jamais revoir cette personne. Cela ne pourrait que lui attirer des ennuies, elle en était sure.
Et c’est sur cette dernière parole qu’elle se dirigea vers sa voiture, clé en main.



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MessageSujet: Re: Une offre difficile à refuser !! Lun 17 Déc 2012 - 19:22

    L’infiltration comportait toujours certains risques. Se faire repérer était le premier. Il suffisait d’une personne qui vous connaisse sous une autre identité pour toute la mission parte en fumée en moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire. Ce cas de figure était déjà arrivé à Alicja. En de rares occasions, fort heureusement pour la jeune femme. Mais ça avait été des fois de trop selon elle. La petite polonaise avait pourtant toujours fait bien attention à ce que ce léger problème ne puisse pas lui arriver. Minutieuse, elle prenait toujours le temps de régler les plus infimes détails pour donner davantage de crédibilité à ses rôles. Elle prenait son métier très à cœur, c’était certain. Mais cela n’avait rien empêché. Alicja s’en souvenait comme si c’était hier ; Wilberforce lui avait demandé de bosser sur deux dossiers à la fois, le FBI étant en sous-effectif. La première enquête l’avait menée à une infiltration dans un casino dans une grande ville. Elle présentait le poker à la table de professionnels et s’était découvert un talent caché pour la distribution de cartes. Ceci étant, elle n’avait jamais eu l’intention de faire carrière dans ce domaine. La seconde affaire, quant à elle, l’avait dirigée dans une entreprise de marketing. Et puis il y avait eu une soirée, un petit dîner entre les membres de ladite entreprise. Alicja avait été conviée par l’un des patrons et, vêtue d’une robe des plus élégantes, elle s’y était rendue. Malheureusement pour elle, elle ne s’était pas attendue à ce que l’un des clients du casino soit aussi un des superviseurs de l’entreprise. La jeune femme avait alors tentée de s’expliquer d’une façon des plus rationnelles et plus simples mais rien à faire. Sa couverture était tombée et son supérieur lui avait retiré les deux affaires. Les criminels avaient continué à sévir et Alicja s’en était voulu. Finalement, quelques semaines après, elle avait décidé de prendre cet échec non pas comme une défaite, mais comme une victoire. Elle était retournée voir Wilberforce et avait demandé à reprendre les enquêtes avec la ferme intention de les mener à bien. Il avait longtemps réfléchit avant d’accepter sa requête. La jolie rousse avait peiné mais avait réussit à enfermer l’un des deux coupables et avait laissé le second aux bons soins d’une équipe. Depuis, il ne se passait pas une journée sans qu’elle y repense et à chaque fois qu’elle devait jouer entre deux infiltrations, elle veillait bien à ce que cela ne se reproduise plus.

    Le second risque majeur lors de ce genre d’infiltration, c’était l’interlocuteur. Tout pouvait dépendre de l’interlocuteur. Et là, Alicja dépendait de la jeune femme à qui elle venait de s’adresser. Si la banquière décidait de ne pas entrer dans son jeu, c’était la fin pour l’agent fédéral. Elles éveilleraient obligatoirement la curiosité d’une des personnes présentes sur le parking et on finirait par lui demander des comptes. Et si, par un hasard mal venu, l’un d’eux venait à apprendre, ou savait déjà, quelle était sa profession, elle risquait sa carrière. Car elle n’aurait aucune justification à fournir auprès de son supérieur. Et elle ne pouvait pas lui mentir. Depuis toutes les années sous les ordres de Wilberforce, elle avait finit par apprendre qu’il savait tout. Il était omniscient et c’était assez perturbant. Ainsi, lorsqu’elle avait tenté de lui cacher le lien qui l’unissait à Edward alors qu’elle le pourchassait, elle s’était très vite rendu compte que tous ses efforts étaient vains. Wilberforce l’avait attendue dans son bureau un soir pour mettre les choses à plat. La conversation avait duré vingt minutes, tout au plus, tant la jeune femme avait été éberluée. Non seulement Wilberforce savait qu’elle connaissait Edward depuis de longues années, mais il avait aussi appris, d’une façon qui lui était inconnue, qu’elle était incapable de l’arrêter à chaque fois qu’ils se faisaient face. Il lui avait donc imposé un ultimatum. L’arrestation ou la démission. Non, il ne voulait pas la virer. Elle était un trop bon élément pour qu’il ait à remplir un tas de paperasse par sa faute. Elle avait choisit. Sa carrière avant tout. Et voilà où cela l’avait menée. Elle réfléchissait maintenant à un moyen de faire libérer Edward. Aimait-elle lui courir après ? Oui. Etait-ce uniquement pour cette raison ? Elle ne pouvait le jurer. Et puis la jeune Radwanska entra dans son jeu, comme elle l’avait espéré. Elle retint un sourire soulagé pour en apparaître un radieux. Faisant mine de vouloir lui faire la bise, Alicja faisait de réels efforts de sociabilité.
    « Tu n’as pas à t’en faire Silvia. A dire vrai, si les rôles avaient été inversés, je ne t’aurai probablement pas reconnue non plus. D’ailleurs, j’adore tes cheveux. Tu as refais une couleur ? Dans mes souvenirs, ils étaient plus clairs… Oh, tu sais, rien d’extraordinaire. Je travaille dans une entreprise d’architecture. Mon poste n’est pas très important mais je crois pouvoir affirmer sans prétention que je me débrouille plutôt bien… Et toi alors ? Quoi de neuf dans ta vie ? Toujours pas de fiancé ? »
    Jouer la comédie. C’était ce qu’elle faisait de mieux. En réalité, non. Ce qu’elle faisait le mieux, c’était jouer, tout simplement. Jouer avec le feu, jouer un rôle. Elle prenait la vie comme un jeu. Un jeu cruel, mais un jeu tout de même. Elle était bien consciente qu’il y avait quelque chose d’assez malsain et de pervers dans cela, mais c’était sûrement ce qui lui plaisait le plus. Peut-être avait-elle trop traîné avec Edward ? Peut-être l’avait-il perverti ? Elle se demandait si Edward avait réellement eu une influence sur elle ou si elle était destinée à devenir la personne qu’elle était ? Peut-être qu’Edward n’y était pour rien, après tout ? Elle effaça cette idée d’un geste mental de la main ; elle aimait croire que c’était Edward qui l’avait rendu aussi manipulatrice qu’elle l’était. Comment aurait-elle put le devenir sans lui ? Avec sa mère en Pologne, à plusieurs milliers de kilomètres d’elle, Alicja était fragile. Elle évitait le sujet des parents avec les autres enfants et Edward n’avait jamais cherché à la questionner. Il avait entendu son silence et n’avait pas insisté. Elle lui en avait été reconnaissante et avait finit par comprendre que c’était avant tout pour éviter qu’elle lui retourner les questions. La vie familiale d’Edward était aussi plate que la sienne. A la différence près qu’elle avait eu son père sur qui compter lorsque celui du jeune homme ignorait sa progéniture. Au fond, Alicja avait toujours pensé que si Edward n’avait jamais eu confiance en Hassan c’était principalement parce qu’il avait un manque d’amour paternel et qu’il rejetait la faute sur tous les pères de famille depuis. Elle le comprenait. Elle-même avait beaucoup de mal avec toute autorité maternelle vu qu’elle avait grandit sans. Mais l’heure n’était pas aux regrets et Alicja ne perdit pas une minute de plus. Dès que le parking fut vidé d’éléments indésirables, elle avertit Silvia de la raison qui l’amenait ici. Ton neutre, regard sérieux, voire sévère. Alicja était devenue une autre femme. On aurait presque put la prendre pour une personne atteinte du trouble de la personnalité à changer d’expression aussi facilement. Il était, d’ailleurs, surprenant qu’elle ne se perdre jamais entre tous ses personnages. Elle n’en dévoilait pas trop, afin de préserver un peu de suspens et éviter tous problèmes éventuels, mais n’oubliait pas de souligner une grosse paie à la fin. Elle avait suffisamment étudié le dossier pour savoir que la jeune femme était plutôt du genre avare. De l’argent, encore et toujours. Alicja pourrait lui en donner à la pelle, mais ce n’était pas vraiment dans ses habitudes. Après tout, elle n’en proposait déjà pas aux personnes qui lui étaient proches, elle n’allait pas faire ce plaisir à une parfaite inconnue. Inconnue qui refusa l’offre, étonnant Alicja. Elle regrettait ? Oh, ce n’était rien face aux arguments que la jeune femme pouvait avancer.
    « Et moi je regrette de devoir en venir là mais… Comment va Mateusz ? Je crois qu’il n’est pas au courant de votre petit secret… Mais il pourrait venir à l’apprendre par… Inadvertance. Je suis navrée mais il m’arrive parfois d’un peu trop parler et Mateusz est un garçon tout à fait charmant. Parler avec lui est un réel plaisir. »
    Ton sucré, voix mielleuse, air manipulatrice. Alicja tente le Diable et joue avec le feu. Une nouvelle fois. Mais c’est plus fort qu’elle. Elle déteste le reconnaître mais sans l’aide de Silvia, elle ne peut rien faire. Ou presque rien. C’est Silvia qui doit l’aider à rassembler tout l’argent dont elle aura besoin pour la libération d’Edward. Les comptes d’Edward avaient été gelés et les siens étaient surveillés de très près, sans aucun doute. Elle ne pouvait donc pas se permettre de piocher dans son propre compte sans éveiller les soupçons tout comme elle ne pouvait pas demander à son entourage proche. Non seulement certains se doutaient de ses intentions, mais d’autres, au contraire, étaient loin de s’en douter. Ils pourraient alors divulguer une telle information lors de l’enquête qui suivrait très probablement car Alicja était prête à parier qu’elle serait la première suspectée. C’était d’ailleurs pour cela qu’elle s’entourait ; pour avoir un alibi.


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MessageSujet: Re: Une offre difficile à refuser !! Mar 5 Fév 2013 - 7:56



Silvia n’était pas du tout à l’aise avec l’idée de devoir rester seule avec cette femme sur un parking. Surtout qu’elle ne lui inspirait pas la moindre confiance. Pourtant avec un visage comme le sien, on aurait pu lui donner le bon dieu sans confession, mais c’était justement ça le problème. Elle était trop propre sur elle pour en pas penser à quelque chose de louche.
Ce n’était surement ce qu’une personne normalement constitué et qui n’a rien à se reprocher penserait, mais Silvia n’était pas ce genre de personne. Elle trempait dans une affaire louche avec un gars du FBI et pour se donner des sensations en plus, elle allait régulièrement faire un tour chez les gens sans vraiment leur demander la permission.
Avec un boulot de banquière elle n’avait pas vraiment besoin de faire tout ça, mais elle voulait que son petit frère ait la vie qu’il mérite. Qu’il n’ait pas à se soucier de l’argent. Et pour ça Silvia n’avait pas peur de faire quelques petites choses illégales. Sans que son frère n’en sache rien évidemment sinon ça serait un coup trop dur pour lui qui voyait Silvia comme un modèle de vertu et de réussite. S’il savait que sa sœur n’était pas tout à fait ce qu’il pensait, elle pouvait lui dire adieu.

Mais toujours est-il que le temps que tout le monde parte du parking tranquillement et pour ne pas attirer l’attention sur elle, Silvia entre dans le jeu de son interlocutrice, prouvant qu’elle coopérer un minimum.
Et surtout, ne pas le faire aurait pu être très dangereux. Ne connaissant pas cette personne en face de moi, je ne pouvais absolument pas deviner ses réactions. Elle aurait pu partir comme elle était arrivée, ou au contraire s’en prendre aux personnes encore présente dans le parking. Et bien que Silvia n’aimait pas vraiment ses collègues elle n’avait pas pour autant envie qu’ils leur arrivent quelques choses par sa faute. Pas qu’elle s’en serait voulu, mais un tout petit peu quand même. Il lui restait un peu de bon cœur au fond d’elle.

A dire vrai, le seul élément qui avait fait que Silvia était entrée dans son jeu était qu’elle connaissait son prénom tout simplement.
Alors certes ce n’était pas très compliqué, un nom se trouvait partout. Peut être même qu’elle était cliente à la banque, mais dans ce cas elle ne faisait pas partie du portefeuille client de Silvia. Parce que même si son portefeuille est très fourni, notre belle polonaise avait une très bonne mémoire des visages.
C’était donc uniquement pour cette raison. Parce que si elle connaissait son prénom, elle connaissait certainement beaucoup de chose sur elle. C’est là qu’un éclair de lucidité traversa Silvia. Et si cette femme, cette Amanda était en fait une personne du gouvernement venue pour l’arrêter pour fraude fiscale ? Le sort de Silvia était peut être déjà scellé.
Mais rien n’était joué, parce si elle était vraiment venu pour l’arrêter, elle n’aurait pas pris la peine de jouer la comédie, faisant croire qu’elles se connaissaient depuis longtemps.
Non même cette histoire ne tenait pas debout, Silvia ne savait pas du tout à quoi elle devait s’attendre et cela l’angoissait un peu même si rien sur son visage ou dans ses expressions ne la trahissait.

Le meilleur moyen de savoir ce qu’elle voulait était donc de tout simplement l’écouter.
Une fois tout le monde partie du parking, les choses étaient rapidement devenues sérieuse. Peut être même un peu trop, mais au moins, on ne passait pas par 4 chemins, pas de chemins détournés pour arriver au but et c’est ce que Silvia voulait, parce que mine de rien elle n’avait pas que ça à faire.
Notre Amanda, était en fait venue demander son aide à Silvia, lui proposant un contrat plus que juteux. Evidemment elle n’était pas là pour lui demander des placements surs pour son argent, mais plutôt bien le contraire. Exactement la même chose qu’elle faisait avec John.
Et c’est bien pour ça qu’il était impossible pour elle de répondre favorablement à cette requête. Quand bien même elle aurait voulu, elle ne pouvait pas. Et puis rien ne l’obligeait à le faire. C’est donc en lui disant adieu d’un ton un peu théâtral que Silvia avait tourné les talons prêtes à rejoindre sa voiture et rentrer chez elle le plus rapidement possible pour oublier cette rencontre inattendue et se détendre du mieux qu’elle pouvait.
Mais apparemment elle n’avait pas l’air d’être du même avis que Silvia, et elle était même prête à tous les coups bas pour que cette dernière accepte.
C’est d’ailleurs la dernière phrase de l’inconnue que Silvia s’arrêta net sur place et respira un bon coup pour reprendre contenance avant de se retourner aussi doucement que possible pour faire face une nouvelle fois à cette Amanda.
Elle voulait comprendre. Avait-elle sorti le nom de son petit frère uniquement pour lui faire peur, ou était-elle vraiment capable de mettre sa menace à exécution et d’aller lui révéler tout les petits secrets de sa grande sœur ? Si Silvia se fiait à son instinct pas de toute que cette menace n’avait pas été dite dans le vent et qu’elle était capable de tout pour arriver à ses fins. Mais elle n’était pas seul à jouer à ce petit jeu, et Silvia préféra y aller au bluff plutôt qu’elle comprenne qu’elle avait touché un point sensible en prononçant le prénom de Mateusz.

Et vous pensez que mon frère croirait ce que vous allez lui dire ? Malheureusement pour vous il a oublié d’être bête. Et de vous à moi, vous n’êtes pas son genre, donc oublier l’histoire du charme.

Silvia s’était montrée plus agressive qu’elle ne l’aurait voulu, mais elle ne pouvait supporter qu’on essaye d’utiliser son frère contre elle. Elle avait fait tant de sacrifice pour lui, elle était la seule personne qui lui restait, et inversement.
Elle avait une foi inébranlable dans les propos qu’elle venait de tenir à propos de son frère, même si elle ne savait pas vraiment qu’elle était son style de femme. Mais elle était prête à mettre sa main à couper que jamais il ne croirait un seul mot de ce qu’elle pourrait lui dire.
Cependant elle pouvait insérer un petit doute en lui ce qui serait très dérangeant. Parce que si il venait à lui poser des questions elle se sentirait très mal à l’idée de devoir lui mentir. Mais elle faisait ça pour son bien, uniquement pour son bien.

Silvia aurait aimé pouvoir lui sortir une réplique cinglante donc elle avait le secret en général, mais au fond d'elle, elle savait qu'elle devait se méfier de cette femme. Que tout ce qu'elle pourra dire pour l'éloigner de son frère ne fera que renforcer son envie d'aller lui parler.

Quand bien même il ne serait pas au courant, qui vous dit que je n'ai pas l'intention de tout lui dire. Et peut être même qu'il est au courant de tout

Notre polonaise avait bien conscience de jouer à un jeu dangereux, mais que pouvait-elle faire d'autre ? Abandonner la partie maintenant en lui demandant ce qu'elle voulait d'elle signifier qu'Amanda avait le dessus sur elle. Et ça il n'en était pas question. Et d'ailleurs elle aimerait bien savoir à qui elle avait à faire. Parce que le femme en face d'elle s'apellait Amande aussi certain que Silvia était reine d'Angleterre. Pas moyen.
Et puis la banquière avait elle aussi l'habitude des noms d'emprunts. Quand elle allait en boîte elle donnait toujours un faux nom pour que personne ne puisse la retrouver. Et jusqu'à présent ça avait très bien fonctionné. Donc elle était à peu près sure que cette femme en face d'elle n'était pas une Amanda.

Mais avant « Amanda » quel est votre véritable prénom ?

Elle savait que ça n'allait pas la destabiliser pour autant, mais qu'avait-elle a perdre ? Rien. Mais elle n'avait rien à gagner non plus pour l'instant.



Dernière édition par Silvia Radwanska le Mer 22 Mai 2013 - 17:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une offre difficile à refuser !! Mer 17 Avr 2013 - 19:32

    La suite des évènements s’annonçait intéressante. Alicja n’avait pas souvent eu l’occasion de faire face à un autre maître dans l’art du mensonge. Et Silvia s’en sortait brillamment, elle devait le reconnaître. Alors certes, n’importe qui aurait compris que tout ceci était du pipeau et qu’elle n’était pas celle pour qui elle se faisait passer… Mais la jeune femme sentait chez son interlocutrice une méfiance qu’elle aimerait qualifier de professionnelle. Elle s’y connaissait, c’était un fait dont Alicja était certaine. Après mûre réflexion, l’agent fédéral se dit que c’était on ne peut plus normal vu les magouilles dans lesquelles la jeune Radwanska traînait depuis maintenant quelques années. Un fin sourire narquois étira le coin de ses lèvres alors qu’elle commençait son baratin pour ne pas trop attirer l’attention sur elles. Silvia accepta de se prêter au jeu pour le plus grand soulagement d’Alicja qui ne tarda pas à jouer carte sur table. Sa couverture d’Amanda Hightmayer s’abattit sur le sol avec toute la violence d’un ouragan tandis qu’elle faisait part de sa requête à Silvia, soulignant la récompense au cas où elle hésiterait. Aux yeux de la polonaise, son interlocutrice ne pouvait pas refuser. Ce fut, pourtant, ce qu’il arriva. Radwanska se déclara comme non-intéressée et l’ignora pour se diriger vers sa voiture. Alicja fut d’abord déconcertée, surprise mais elle se reprit très vite. Ne jamais laisser voir à un adversaire qu’il te déstabilise. Des paroles que son père lui avait répété quand elle était plus jeune et qu’il l’encourageait à toujours répondre avec une bonne dose de cynisme et son mordant naturel aux brimades dont elle était victime à l’école. Alors elle se retourna légèrement et commença ce qu’elle aurait préféré ne pas faire. Le chantage. Avant chaque infiltration, la jeune Zeleski prenait toujours son temps pour enquêter minutieusement sur chaque personne avec qui elle allait devoir collaborer. Premièrement afin de se faire une idée sur tous les suspects et faire un premier tri entre ceux sur qui elle devait toujours avoir un œil et les autres, deuxièmement pour toujours être en position de force. Avoir un coup d’avance. Plus si possible. C’était comme aux échecs – non pas qu’Alicja soit vraiment une adepte de ce jeu de stratégie, plus qu’elle savait y jouer, battait parfois l’ordinateur mais avait cessé de faire des partis après l’arrestation d’Edward. Aux yeux de la jeune femme, la vie était un jeu et chaque être vivant n’était rien de plus qu’un pion – à la différence prêt qu’ils étaient dotés d’une conscience propre qui leur permettait de choisir eux-mêmes leurs déplacements. Du moins, dans un cas normal. Il y avait toujours quelques exceptions, mais Alicja ne préférait pas les prendre en compte.

    La réponse de la banquière ne se fit pas attendre. Cette fois-ci, Alicja ne retint pas un sourire, sachant qu’elle avait réussit à rendre son adversaire plus fragile. Bien que celle-ci ne veuille rien laisser paraître. Mateusz était forcément le point sensible de Radwanska. Il s’agissait, après tout, de son frère cadet, son unique famille. L’agent fédéral savait bien quel effet cela faisait de se retrouver sans aucune famille pour l’avoir vécut. C’était Edward qui l’avait aidée à tenir dans les pires moments avant de finalement l’abandonner à son sort sans qu’elle ne sache pourquoi. Au fond, Silvia et elle pouvaient se comprendre sur ce point. Mais il ne fallait pas espérer amadouer la voleuse avec de belles paroles sur un passé plus ou moins similaire. Si elle devait convaincre Silvia de l’aider, il lui faudrait trouver une autre solution ; un moyen plus efficace et qui ne laisserait pas de place aux remords. Le chantage en faisait partit. La dernière des Zeleski aurait préféré ne pas avoir à en arriver-là, mais elle était prête à tout pour parvenir à ses fins. Même si cela impliquait devoir se mouiller et tremper dans des affaires pas nettes du tout. Comment faisait-elle pour encore réussir à se regarder dans le miroir après toutes les magouilles qu’elle avait mises au point ? Elle l’ignorait. Elle se rassurait en se disant qu’elle le faisait pour Edward. En réalité, elle avait gardé une âme d’enfant qui croyait au prince charmant ; elle conservait et nourrissait l’espoir de retrouver le jeune garçon qui lui avait tout appris si elle acceptait de couler sa carrière fédéral pour lui. C’était comme se rouler dans la boue, se traîner dans cette terre et cette eau mélangées pour qu’il lui accorde ne serait-ce qu’un regard. Comme avant. Elle s’apercevait, au fil du temps, qu’elle souffrait de cette absence dans sa vie. Elle s’était accrochée à lui comme à une bouée et avait sombré lorsqu’il avait fuit, loin d’elle. Sans lui, elle était incapable de gérer sa vie et de garder la tête hors de l’eau. En lui courant après, ça lui avait permit de garder l’espoir de le retrouver un jour, même inconsciemment. Elle avait put conserver ce lien qui les avait longtemps unit et auquel elle se rattachait avec tant d’ardeur. Mais maintenant qu’Edward était derrière les barreaux, tout devenait plus compliqué encore. Alicja passait le voir. Souvent. Peut-être même un peu trop. Mais lorsqu’elle était là-bas, elle se rappelait tout ce qu’il avait fait de mal, elle se souvenait de cette intuition qui l’avait poussée à l’accuser de l’incendie chez elle. Et elle se mettait à le haïr de toutes ses forces, de tout son être. Oh ça oui, elle lui en voulait et elle comptait bien le faire payer. D’une façon ou d’une autre.

    Le ton agressif de Silvia indiqua à Alicja qu’elle avait visé juste. De toute façon, elle le savait déjà. Elle arqua un sourcil avant de retrouver son air impassible à la réponse de son interlocutrice. Qui avait parlé de charmer ? D’une, l’agent fédérale n’avait pas besoin de draguer Mateusz, il lui suffisait juste de devenir son amie, ce qui était d’ores et déjà en cours d’exécution puisqu’elle avait, en effet, pris contact avec le jeune homme quatre jours auparavant. Elle n’avait pas cherché à faire une grande impression ou à chercher des explications, non. Elle l’avait accosté de façon « accidentelle » après avoir renversé son café sur lui dans un bar-restaurant sur la terrasse. Elle s’était excusée et avait même insisté pour lui en offrir un neuf car celui que le jeune portait était, selon elle, fichu. La jeune femme avait ensuite demandé, de but en blanc et avec tout le tact dont elle était capable, s’il ne venait pas souvent à ce bar-restaurant car il lui avait semblé l’avoir déjà croisé. Il avait acquiescé, tout naïf qu’il était et ils avaient ensuite discuté. Au fond, Alicja n’avait pas eu grand-chose à faire puisque Mateusz avait principalement parlé. Oh, il ne s’était pas non plus étalé sur les sujets et il n’y avait aucun doute qu’elle n’allait pas se retrouver avec un ticket avec Mateusz, mais le courant était bien passé. Suffisamment pour qu’ils puissent devenir amis. Et qu’elle s’immisce dans sa vie pour insinuer une part de doute ou qu’elle lui fasse part de ses soupçons sur cette sœur aînée apparemment irréprochable. Alicja sentait la victoire proche mais elle préférait attendre avant de s’enthousiasmer. Radwanska ne paraissait pas prête à lâcher le morceau, bien que son entêtement à vouloir lui faire croire que son cadet était déjà au courant pour ses magouilles lui affirmait qu’elle se savait en danger. Bien. Manipuler les autres était un des hobbies de la jeune agent.
    « Voyons Silvia, nous savons toutes les deux que Mateusz ne sait rien de vos arnaques et de vos vols. Mentir ne vous aidera pas et vous le savez aussi bien que moi. De plus, je ne vais pas vous lâcher. Ni vous ni moi ne pouvons dénoncer l’autre à cause de nos affaires respectives. Acceptez. Vous n’avez rien à perdre. Et même, je vous promets que vous ne serez jamais prise et que votre dossier ne tombera pas de si tôt dans les mains du FBI, malgré les recherches dont vous faîtes d’ores et déjà l’objet. »
    Elle avait répondu sur son habituel ton neutre. Celui-là même qu’elle employait devant ses supérieurs ou pour ses infiltrations. Celui qui la faisait passer pour un être sans foi ni loi, sans pitié ou sans cœur. Celui qu’elle employait jour et nuit pour que personne puisse briser sa carapace et la mette à nu. Une seule personne était capable de déceler ses sentiments à travers ce ton ; et il était présentement enfermé en prison pour quelques années. Edward lisait en elle avec une facilité déconcertante et qu’elle détestait. Face à lui, soumise à son regard inquisiteur, elle se sentait faible. Faible, et pathétique. Deux sentiments qu’elle n’appréciait pas. Silvia lui demanda ensuite son nom. Ainsi donc, elle se doutait qu’Amanda n’était pas sa véritable identité… Bah ! Cela paraissait logique. Ce n’était que des apparences. Mais la question qui posait problème à l’agent fédéral était de savoir quelle identité elle allait pouvoir prendre pour ne pas avoir à trop se mouiller. Elle pouvait déjà rejeter toutes celles qui venaient d’un autre pays puisqu’elle n’avait pas pris le moindre accent. Hm. Radwanska lui posait davantage de problèmes qu’elle ne l’aurait pensé.
    « Vous êtes douée. Vraiment. Je ne pensais pas que vous devineriez que c’était un nom d’emprunt. Je m’appelle Kristen. Kristen Richards si ça vous intéresse de savoir mon identité complète. »
    Finalement, c’était la petite stagiaire en chirurgie qui était l’heureuse élue. Après tout, c’était la plus logique. Elle était jeune, fraîche et cela faisait plus d’un an qu’elle vivait à Quantico pour son stage à l’hôpital auprès du Docteur Davis. De même, ledit Docteur Davis la connaissait aussi et savait qu’elle allait tremper dans quelque d’illégal puisqu’elle lui avait également demandé de l’aide. Il n’y avait donc aucune chance pour le célèbre chirurgien ne la balance aux autorités et la trahisse auprès de Silvia. De toute manière, personne ne connaissait sa véritable identité à part ses supérieurs, Derek, Hotchner, Prentiss et Edward. Et elle savait qu’aucun d’entre eux ne serait en mesure de la reconnaître s’ils la croisaient dans la rue alors qu’elle était sous couverture. Aucun d’eux ne savait qu’elle était la petite stagiaire de l’hôpital ; au mieux, ils connaissaient sa couverture au Bureau de Washington. Rien de plus.
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MessageSujet: Re: Une offre difficile à refuser !! Mer 22 Mai 2013 - 18:02



Décidément, cette femme ne lui plaisait pas, mais alors pas du tout. Au plus profond d'elle, une voix conseillait à Silvia de terminer cette conversation le plus vite possible. Et son instinct lui disait de partir avant ne se retrouvent dans la merde jusqu'au cou.
Seulement, elle avait prononcé le prénom de son petit frère Mateusz, et Silvia ne pouvait pas lutter contre cette menace.. Pour le bien de son petit frère, elle n'avait d'autre chois que d'écouter ce qu'elle cette femme avait à lui dire.

Depuis que le parking était vide et surtout depuis cette menace loin d'être voilée, Silvia ne faisait que penser à son jeune frère. Sur bien des points, ils étaient pareils, en faire la liste serait d'ailleurs bien trop long pour vouloir y consacrer du temps. Mais en ce qui concernait les inconnues, les gens rencontrés au hasard ou tout simplement le monde dans sa généralité, Mateusz était bien plus confiant que sa sœur. Se montrant même trop souvent naif. Cette femme – à défaut de connaître sa véritable identité – venait de lui démontrer une fois de plus. Pourtant ce n'était pas faute d'avoir essayé.
Combien de fois, Silvia avait tenté de lui expliquer par A + B que les gens étaient des menteurs pas nature,, mais que certains le faisaient beaucoup mieux que d'autres. Silvia elle-même faisait partie de cette deuxième catégorie. Un nombre incalculable de fois, elle avait essayé de lui faire comprendre que les gens s'intéressaient aux autres uniquement par intérêt. Que se soit pour le pouvoir, l'argent, la beauté, ou tout autre chose, rien n'était fait pas pure gentillesse. Malheureusement elle avait fait tout cela en vain. Son frère voulait encore croire que le monde n'était pas aussi mauvais et que les gens n'étaient pas aussi méchant, que finalement l'humanité avait encore une chance de survivre. Il croyait sincèrement que des gens pouvaient être aussi bon et généreux que sa sœur et lui.
Quand Mateusz lui avait avoué tout ça, cela avait été un véritable crève-coeur pour Silvia. Elle ne voulait pas être celle qui lui détruirait toutes ses belles illusions, mais elle ne pouvait pas non plus lui dire la vérité à propos de sa double vie. Son avait été simple. Entre souffrir et faire souffrir il n'y avait aucune hésitation. Son frère passait avant tout et donc plutôt que de le blesser, elle avait préféré se taire sur ses véritables activités. Seulement, voilà que maintenant ses mensonges lui revenaient à la figure comme un boomerang. La banquière ne pouvait s'en prendre qu'à elle même. Cependant qu'on puisse utiliser cette faiblesse contre elle ne lui plaisait absolument pas. Et elle aurait voulu pouvoir choisir le moment pour dire la vérité à son frère, plutôt qu'on la menace comme ça. Elle n'avait désormais plus le choix, pour le bien de sa famille, de son unique famille, elle se devait d'accepter la proposition. Cette femme avait réussi à voir clair dans son jeu. Pas de doute, elle était douée, même très douée. Mais ce n'était pas pour autant que Silvia acceptait de bon cœur. Elle pouvait lui promettre monts et merveilles, elle n'oublierait jamais que pour obtenir ce qu'elle voulait cette femme était prête à tout.

Toujours est-il que cette femme avait bien travaillé son sujet, parce qu'elle connaissait bien – peut être même trop – Silvia, sa vie et son entourage et cela était loin de la réjouir. Personne n'aimait qu'on entre dans sa vie privée encore moins sans y être invité. Mais elle ne pouvait rien contre ça et maintenant elle devrait trouver un moyen de se dépéter de cette situation.
Elle essayait de la rassurer comme elle pouvait. C'est à dire en lui promettant de faire disparaître son dossier du FBI et ainsi empêcher toute enquête en cours ou future sur elle. Silvia savait de source sure que c'était déjà le cas. Normalement John avait fait le nécessaire concernant son dossier. Mais peut être qu'une deuxième précaution n'était pas dénuée d'intérêt. Quand on sautait dans le vide n'avait-on pas deux parachutes ? Un principal et un deuxième au cas où le premier ne s'ouvrirait pas. Elle ne pouvait pas prendre ça à la légère. Certes elle avait une confiance absolue en John et en ses promesses mais elle faisait ça uniquement par précaution, et elle était sure que John ne lui en tiendrait pas rigueur.
De toute façon, entre dire la vérité à son frère ou faire un boulot pour lequel elle se savait douée, il n'y avait aucune hésitation à avoir.

« C'est bon. Vous pouvez remballer vos menaces. Je ferais ce que vous voulez. A condition que mon frère reste en dehors de tout ça. Il n'a pas besoin de savoir. Donc si à l'avenir vous pouvez éviter tous contacts avec lui.

Silvia, partait pour cette mission, cette collaboration, appelez ça comme vous voulez, en trainant des pieds. Mais au final peut être que cela allait être exaltant, le surplus d'excitation qui manquait à sa vie et qu'elle avait toujours cherché. Après tout, n'était ce pas pour ça qu'elle mettait régulièrement le pied derrière la ligne jaune ? Et si en plus elle était grassement payée pour ça, c'était tout simplement la cerise sur le gâteau. Notre banquière ne devait cependant pas trop s'emballer sur cette opportunité. C'est d'ailleurs pour ça qu'elle était la meilleure. Elle ne perdait jamais de vu ses objectifs et elle savait garder son sang froid en toutes circonstances. Même quand le danger frappait à sa porte elle ne se laissait pas démonter. De toute façon qui irait accuser une jeune femme bien sous tous rapports et qui avait travaillé dur pour réussir sa vie ? Personne. Elle arrivait à charmer toutes les personnes qui pourraient lui être utile un jour ou l'autre.
Maitenant qu'elle avait donné son accord, il est un point où Silvia serait intransigeante, c'était son frère. Elle voulait voir cette femme aussi loin que possible de Mateusz. Ce n'était absolument pas négociable. C'était son unique condition, pour le reste elle voulait bien faire tout ce que cette femme voulait. Mais elle voulait que son frère reste en dehors de tout ça. Elle voulait qu'il garde ses belles espérences sur la vie.

« Krister donc. C'est encore une fausse identité ou alors cette fois c'est votre véritable prénom ? »

Elle n'avait pas hésité à mentir une première fois et surtout à la manipuler et lui faire du chantage, donc plus rien n'étonnerait Silvia. A vrai dire elle pouvait s'appelait Kristen, Sasha ou même Princesse Consuela Banana Hammack, cela n'avait aucune espèce d'importance. Silvia n'avait aucune envie de se lancer dans une mission d'investigation sur cette personne, donc bon. Mais elle savait aussi qu'elle avait en face d'elle une maîtresse dans l'art du double jeu et du mensonge et qu'elle était douée, voire même trop si c'était possible. Une personne à ne jamais sous-estimer et à avoir dans son camp plutôt que dans ses ennemis.
Quelques règles venaient d'être établi, d'autres qui étaient implicites et qui n'étaient pas nécessaire d'énoncer à haute voix. Seulement, elle ne savait toujours pas les termes du contrat ce qui pouvait compliquer les choses.

« Alors en quoi puis-je vous être utile. Qu'attendez vous de moi ? »

Autant passé aux choses sérieuses tout de suite. Le parking était désert donc aucunes oreilles indiscrètes à proximité qui pourraient entendre cette conversation.

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MessageSujet: Re: Une offre difficile à refuser !! Mar 13 Aoû 2013 - 19:24

    C’était à la fois délicieux et étrange. Excitant car c’était une grande première, pour Alicja ; déroutant car elle n’y était, justement, pas habituée. Faire face à son équivalent dans l’art du mensonge et de la manipulation alors que jusqu’à présent, elle avait été celle qui tenait les rennes du traineau la déstabilisait légèrement. Pour l’heure, elle parvenait à garder le contrôle de la situation, mais peut-être cela n’allait-il pas durer. Il lui fallait se montrer prudente et doubler sa méfiance naturelle envers autrui pour ne pas se laisser avoir bêtement. L’autre avait déjà réussit à déceler sa fausse identité, peut-être serait-elle en mesure d’encore la mettre en difficulté. Alicja préférait ne pas prendre de risques et lança le chantage plus tôt qu’elle ne l’avait escompté. L’air nonchalant, pour ne pas dire arrogant et hautain, l’agent fédéral proféra ses menaces d’un ton qu’elle voulait ferme et légèrement espiègle. Elle savait comment manipuler son monde, comment parvenir à ses fins. Le piège se referma sur son interlocutrice bien que celle-ci tenta de balayer le chantage du revers de la main. Toujours faire preuve d’une grande organisation avant de se lancer dans un projet d’une telle ampleur ; telle était la devise de l’héritière Zeleski. Elle se devait d’être entourée par les meilleurs pour cette entreprise périlleuse et risquée. Radwanska était suffisamment discrète et intelligente pour ne pas se faire avoir, ni remarquer d’ailleurs, par la police locale. Même si le courant était encore électrique entre les deux jeunes femmes, Alicja savait qu’elle pouvait lui accorder une totale confiance en ce qui concerne ses méthodes. De toute évidence, Silvia ne serait pas celle qui irait la dénoncer aux autorités (et quand bien même elle le ferait, l’agent fédérale avait autant de chance de faire pression ; ce serait la parole de l’une, contre celle de l’autre). Tandis que la deuxième semblait prendre son temps afin de peser le pour et le contre, Alicja en profita pour sortir son téléphone portable de sa poche. Maintenant qu’elle avait mentionné le petit frère de la polonaise, elle pouvait considérer qu’elle avait une alliée de plus à ses côtés. Cette dernière accepta de vive voix, soulignant que Mateusz ne devait rien savoir de tout cela et qu’il serait préférable qu’Alicja ne reste plus en contact avec lui. L’agent du FBI hésita quelques secondes avant d’opiner du chef.
    « Très bien, ça me semble équitable. Je garde mes pattes loin de Mateusz. »
    Un sourire mi-figue, mi-raisin, vint trahir son visage inexpressif. La situation était cocasse, du point de vue d’Alicja. Le jeune frère de Silvia n’était là que pour donner un moyen de pression à la blonde ; en réalité, elle n’avait aucune intention de se lier avec lui et encore moins de lui parler à propos des trafics de sa sœur. Ce n’était pas son problème et elle n’avait pas à s’immiscer de la sorte dans une vie de famille. Elle n’avait peut-être pas de remord, il n’en restait pas moins qu’elle avait grandi avec quelques principes de base. Elle refusait d’intervenir dans les problèmes des autres, jugeant que cela ne la regardait pas ; la vérité était peut-être qu’elle s’en foutait royalement et qu’elle préférait se concentrer sur sa propre vie déjà bien tumultueuse. Avait-elle seulement une vie ? Il lui semblait qu’elle en avait des millions, peut-être même davantage, encore. Les identités qu’elle façonnait méticuleusement devenaient de véritables êtres à part entière lorsqu’elle se mettait à les jouer quotidiennement. Chacune avait son histoire, son passé ; et elle, elle finissait par s’y perdre. Risible. Quand était-elle Rebecca ? Quand était-elle Emma ? Avait-elle cessé d’être Lindsey ? Qu’était-il advenu de Logan ? Quand commençait ses personnages et surtout : quand s’arrêtaient-ils ? Elle ne le savait pas. Elle se cachait derrière eux, profitant de leur force pour retrouver la sienne. Et au final, c’était son identité, à elle, qui s’évaporait dans les airs. Fumée évanescente ; Alicja Zeleski disparaissait. Petit à petit. Comme si elle avait put suivre le fil de ses pensées, Radwanska fit remarquer à l’agent fédéral qu’elle avait noté sa fausse identité. Sans doute voulait-elle être sur un pied d’égalité sur ce point-là ? Chacune devait pouvoir faire des recherches sur l’autre, chercher son taux de fiabilité. Être prête à riposter avec des informations compromettantes. Malheureusement pour la banquière, Alicja avait plus d’un tour dans son sac ; son avantage était d’être en poste à l’hôpital de Quantico en tant que jeune stagiaire connu par de nombreux habitants. Sa crédibilité en tant que Kristen ? Proche de cent pour cent. Le seul détail qui trahissait l’image de la parfaite petite étudiante qu’elle souhaitait donné était cette double-couverture qu’elle menait. Elle se servait de Kristen pour parvenir à ses fins.
    « Non, c’est bien Kristen. Mais ne me croyez pas si vous n’avez pas confiance en moi, je ne vous en blâmerai pas. De toute façon, mon identité ne vous saura d’aucune utilité car même si l’idée folle de me dénoncer vous traversait l’esprit, je serai là pour vous rappeler que si je tombe… Vous tombez aussi. »
    La détermination et la fourberie se succédèrent dans son regard en quelques minutes avant de laisser place à de l’indifférence. Elle savait bien que ces nouvelles menaces étaient inutiles. Radwanska ne la dénoncerait pas, c’était un fait dont elle était pratiquement certaine. L’arnaque de talent n’aurait rien à gagner en envoyant Alicja aux autorités ; sauf si elle voulait suicider sa carrière. Mais, en vue de sa réaction lors de la mention de son jeune frère, la plus petite des deux en doutait fort. Des années passeront avant que Silvia ne se décide à changer de voie ; d’ici-là, Alicja aurait le temps de passer à autre chose. Du moins, si ses plans se déroulaient comme elle le prévoyait.

    Les bases de la collaboration étant déterminées, venait maintenant le fond du problème. Le rôle de la polonaise dans les desseins finement travaillé par l’autre. Celle-ci, cellulaire en main, laissa un silence s’installer après la question de son interlocutrice. Ses doigts survolaient l’écran tactile de son portable, appuyant sur les touches avec une dextérité qu’elle avait acquise au fil du temps. De loin, tout laissait croire qu’elle tapait un quelconque sms ; si l’on se penchait de plus près, on s’apercevait alors qu’elle tapait une suite d’instructions plus poussées sur un mail crypté. C’était un second avantage qu’elle avait ; sa faculté à saisir et comprendre le langage des ordinateurs. Elle s’y était intéressée à la fin du secondaire, dévorant des bouquins et des sites internet traitant le sujet avec une intention morbide. Finalement, à force de pratique, elle avait découvert comment pirater un compte, puis comment craquer certaines données. Le cryptage était devenu un automatisme quotidien auquel elle s’adonnait dès qu’elle devait noter quelque chose sur ses ordinateurs. Ainsi, tous ses rapports d’enquête et tous ses dossiers électroniques étaient protégés par une succession de mots de passe et de cryptes. L’entreprise dans laquelle elle avait travaillé en tant que hackeur lui avait servit pour découvrir de nouveaux logiciels. Elle n’était pas une pro, mais reconnaissait, avec une pointe de fierté arrogante, qu’elle s’en sortait bien dans le domaine.
    « Je veux que vous dérobiez de l’argent. Une importante, somme d’argent. L’opération se déroulera en deux temps ; il me faut une partie en liquide et l’autre sur un compte privé que j’aurai créé en temps voulu. Vous utilisez vos méthodes, je ne suis pas regardante sur ce point-là, mais je veux les sommes. Vous aurez le détail des transactions à effectuer plus tard, dans un mail crypté que je viens de préparer. En premier lieu, il me faudrait environ cinq mille dollars, mais quatre mille devraient faire l’affaire. En liquide, donc. Vous me direz ce dont vous avez besoin et comment vous comptez procéder, je m’assurerai de vos arrières comme il se doit. Lorsque vous aurez l’argent, vous le déposerez là où je vous le dirai et je vous recontacterai pour la seconde partie de l’opération. »
    Son ton s’était fait ferme et froid. Elle avait secoué son cellulaire à la mention de celui-ci, comme si elle tenait à ce que la banquière voit qu’elle avait déjà tout organisé. Pour l’heure, oui, elle avait déjà préparé une grosse partie de son plan ; elle avait tout étudié dans les moindres détails et en venait à l’étape la plus ardue : le recrutement. Elle avait planché de longues heures sur des dossiers afin de choisir la crème de la crème ; des personnages discrets dans la vie de tous les jours, mais qui sauraient apprécier sa proposition à sa juste valeur. Elle avait sélectionné Silvia parmi tant d’autres petits cambrioleurs ou voleurs. Une arnaqueuse d’une telle envergure lui avait paru plus sage. Mais elle ne la connaissait pas ; elle ignorait ses réactions et ses méthodes de travail. Peut-être Silvia ne voyait-elle pas les choses du même angle qu’elle ? Peut-être préférait-elle organiser elle-même ses vols ? Alicja pencha légèrement la tête avant de repousser cette idée. Quand bien même Radwanska voudrait tout contrôler, Alicja lui laisserait le champ libre. Elle n’était que la cliente et ce qu’elle voulait, c’était des résultats. Le reste n’avait que trop peu d’importance à ses yeux.


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