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"Le jeu s'appelle le chat et la souris... Pas LES chats."

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MessageSujet: "Le jeu s'appelle le chat et la souris... Pas LES chats." Mar 28 Aoû 2012 - 12:06

Les bureaux du FBI étaient plutôt calmes lorsque Gillian arriva à son étage. Pourtant, la jeune femme n’était pas tranquille. Elle avait l’impression d’être suivie et épiée depuis quelques jours et avait beaucoup de mal à dormir. Ces nuits blanches l’épuisaient, elle n’avait jamais connu une telle tension. Peut-être était-ce lié à l’arrivée de son nouveau patient ce jour-là. On lui avait confié un psychopathe… En théorie, il n’était plus aussi psychopathe qu’avant car ses médecins l’avaient interné et déclaré non dangereux. L’homme était désormais libre mais sous surveillance. Et pour s’assurer qu’ils avaient eu raison de le laisser sortir, ses médecins lui avaient prescrit un rendez-vous chez le psychologue chaque semaine. Seulement voilà, Gillian n'était pas tranquille. Ce type épuisait chaque psy qu’il consultait et son dossier se baladait un peu partout à Quantico. La jeune femme l’avait récupéré et s’était probablement ce qui la rendait si nerveuse. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’elle avait à recevoir un psychopathe. Elle avait mené la thérapie de certains tueurs en série et tout c’était passé correctement. On ne pouvait pas dire « normalement » puisqu’il ne s’agissait pas de personnes saines de corps et d’esprit, mais elle n’avait pas été aussi mal à l’aise. Son patient s’appelait Thomas Phibes et était coupable de crimes sexuels, voilà où était le problème. Gillian se demandait comment les médecins avaient pu confier ce danger public à une femme. Surtout à elle…

Elle se souvenait de cette nuit-là comme si c’était hier. Quelques années auparavant, Lightman et elle avaient été confronté à Andrew Jenkins, un violeur en série particulièrement monstrueux qui crevait les yeux de ses victimes. Cal l’avait fait venir dans son entreprise pour l’interroger au sujet de l’Imitateur. Jenkins avait forgé un double de lui-même pour continuer à sévir même en prison. Pendant que Lightman s’occupait de lui, Gillian était allé rencontrer deux de ses victimes. L’une de ses femmes était venue accompagnée de son mari, et Gillian avait passé toute la journée avec elles. Mais lorsque le soir était tombé, elle avait décidé de rentrer au groupe Lightman. C’est en regagnant sa voiture que l’Imitateur avait frappé. Il lui était tombé dessus et l’avait frappée à plusieurs reprises pour l’immobiliser. Il l’avait ensuite traînée sur quelques mètres pour l’emmener dans sa voiture, mais heureusement pour la jeune femme, Cal et un agent du FBI étaient arrivés à temps pour la sauver. Elle ne s’en était tirée qu’avec quelques bleus et un bras en écharpe, mais psychologiquement, les dégâts avaient été de taille. Pendant longtemps, elle n’avait laissé aucun homme l’approcher, à l’exception de ceux qui faisaient partie de son entourage. Longtemps, elle n’avait accepté que des femmes et des enfants en consultation pour être sûre de ne pas se faire agresser dans son bureau. Mais quand enfin elle avait réussi à surmonter sa peur, voilà qu’on lui refilait un criminel d’ordre sexuel ! Lightman n’aurait jamais toléré cela. Lui qui était d’une jalousie maladive, il n’aurait jamais permis qu’un pervers sexuel pose les yeux sur Gillian.

La jeune femme regarda l’horloge au-dessus de la porte : l’heure de la séance avec Phibes approchait. Sa terreur augmenta considérablement et sa respiration devint saccadée. Sa tranquillité habituelle s’ébranlait au fil des minutes. C’était une femme fragile avant tout, elle était incapable de se défendre. Dans le pire des cas, elle se dit que les bureaux d’à côté étaient loin d’être vides, ses collègues pourraient aisément entendre ses cris. Gillian frissonna à cette idée. Elle se regarda dans le petit miroir près de son porte-manteau. Elle avait fait attention à sa manière de s’habiller aujourd’hui : hors de question de l’exciter avec une jupe ou un décolleté plongeant. Ce jour-là, elle avait opté pour un tailleur avec un pantalon noir et une chemise blanche dont les boutons étaient quasiment remontés jusqu’en haut. Mais elle restait malgré tout une très jolie femme. Sans être narcissique, elle savait qu’elle ne laissait pas les hommes indifférents : ses nombreuses escapades avec Lightman pour interroger des suspects le lui avaient bien montré. Mais se faire draguer par un témoin était différent de se faire dévisager par un pervers…

Quelqu’un frappa alors à la porte, ce qui fit sursauter la jeune femme. Elle prit une grande inspiration et détendit les muscles de son visage pour ne pas montrer sa peur. Elle se décida enfin à ouvrir la porte et se força à adopter un ton courtois. L’homme qui se tenait derrière la porte ne ressemblait pas au monstre qu’elle s’était imaginé. Elle ne relâcha pas sa garde pour autant, Jenkins non plus ne ressemblait pas à un violeur en série au premier abord.

-Enchantée, monsieur Phibes. Je suis le docteur Foster.
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MessageSujet: Re: "Le jeu s'appelle le chat et la souris... Pas LES chats." Mar 28 Aoû 2012 - 16:20

Deux hommes attendaient dans son salon. Ils avaient des costumes sobres et tandis que l’un se tenait droit comme un I en plein milieu de la pièce, l’autre s’était effondré sur le canapé, les genoux croisés. Ils ne disaient rien. Ils attendaient juste. Thomas regarda l’heure. Il avait encore un peu de temps devant lui. Ces messieurs étaient largement en avance. C’était les ordres. S’assurer qu’il ne s’enfuirait pas ou quelque chose dans ces eaux-là. Il passa l’épaule par l’entrebâillement de la porte et proposa un café à son cortège. Le type assis accepta. L’autre lui envoya un regard de mépris. Enfoiré. Tant pis. Il s’installa en face du sofa avec ses deux tasses et un silence embarrassé, entrecoupé de cliquetis et de soupirs alourdis l’appartement. Thomas se pencha une nouvelle fois sur sa montre. Se leva, enthousiaste, et enfila sa veste. On y va ?

Thomas passait une fois par semaine chez le psy. Une fois par semaine chez le médecin. Une fois par semaine chez les flics. Ainsi, Thomas passait énormément de temps à soigner ses tares. Ou tout du moins à apaiser ses symptômes. Peu reconnaissaient les progrès du garçon. On le jugeait principalement pour ce qu’on put découvrir de lui. Son dossier judiciaire louait son imagination pour subvenir à une boulimie terrifiante. On l’ignorait meurtrier mais le harcèlement revenait trop fréquemment dans son dossier. Une fois enfermé, la police reçue nombreuses plaintes concernant les activités du patient. On lui découvrit une forte propension au viol et à la violence. Et ses psychiatres, nullement étonnés de l’apprendre, avaient finalement toutes les cartes en main pour tamponner son dossier et achever sa conscience à grands coups d’injections et de pilules.

Mais à présent que son esprit n’était plus aussi assommé de calmants, les archives trainaient son dossier de spécialistes en spécialistes. Et Thomas n’avait jamais le temps de s’habituer à ses nouveaux responsables. Le dernier, le docteur Stebbins, avait accepté son cas avec réticence. Les psychologues avaient toujours du mal à accepter d’écouter les récits d’un pervers. Ecouter ressemblait bien trop à accepter. Donc approuver. Thomas ne comprenait pas. On le balançait comme un déchet dont personne ne veut. Le Dr Stebbins avait réussi néanmoins à garder l’affaire plus longtemps que prévu et le patient c’en était presque habitué. Il ne l’aimait pas. Pas du tout, même. Il avait toujours dans sa voix une espèce d’accusation malsaine et cynique. Ses questions semblaient l’insulter et ses propos le gardaient de tout jugement. Mais finalement, c’était celui qui avait le plus de recul et Thomas avait osé imaginer qu’il n’aurait plus à changer, ignorant que son éclat de violence à leur dernier entretient aurait fait fuir le psychiatre.

Thomas avait trouvé étrange qu’on eut voulu l’accompagner plus loin que l’ascenseur. Il connaissait bien les lieux et pourtant, ses deux gardiens le guidèrent plus loin. Ils passèrent la salle habituelle du Dr Stebbins et Thomas comprit qu’il allait faire la rencontre d’un nouveau spécialiste. Il posa la question. On lui informa qu’il verrait le Dr Foster. Thomas hocha la tête en demandant s’il avait vexé le précédant. Qu’il pouvait s’excuser. Le coincé continuait de le regarder avec un dédain à peine fardé. On se posa devant une porte et le lâcha là, lui donnant le numéro de la salle et ce qu’il devait savoir pour revenir. A bientôt. Ciao. Thomas frappe. Toc toc ?

Pendant les quelques secondes où il était planté là, Thomas tenta d’imaginer le visage du Docteur Foster. Un homme grand. Un peu vieux. Avec une moustache grisonnante et la coiffure explosée. Le Doc dans Retour vers le Futur s’imposa dans son esprit. Il ricana dans sa gorge et releva les yeux lorsque la porte grinça. Devant lui se dressait une jeune femme. Son âge, peut-être moins. Peut-être plus. Elle avait des yeux brillants mais le regard complètement vide d’émotion. Le sourire entaché par quelque chose qu’il n’arrivait pas à définir. Belle était le mot qui se rapprochait le plus de ce qu’aurait pu penser Thomas. Son vocabulaire se limitant à « bonne », « baisable » et « belle » pour définir la joliesse d’une femme, il jugea que ce n’était pas trop mal. Il lui tendit une main courtoise et entra. Le docteur Foster … Elle avait l’air sympathique et agréable. Un peu tendue mais élégante. Thomas décida de ne pas l’aimer et en observant ce nouvel environnement, il chercha tous les défauts qu’il pourrait gratter.

La pièce était lumineuse. Il y avait quelques plantes vertes, une bibliothèque dans le fond. Le bureau était installé face à la baie vitrée et tendait à auréoler de lumière celui qui s’installera sur cette chaise. Thomas se retourna vers la psychologue.

Où est le docteur Stebbins ? Il est malade ? Je peux m’excuser si je lui ai fait mal, la dernière fois. C’est à lui que je veux parler. maronna-t-il en manipulant un pan de sa veste.

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MessageSujet: Re: "Le jeu s'appelle le chat et la souris... Pas LES chats." Mer 29 Aoû 2012 - 9:11

La surprise fut double pour Gillian. La première fut effectivement de trouver qu'il était plutôt séduisant comparé à ce qu'elle s'était imaginé. Mais le charme fut rompu quand elle entendit le son de sa voix : tranchante. Le genre de voix qu'elle ne connaissait que trop bien après sa longue collaboration avec Lightman. Le regard perçant de l'homme la passa au crible, elle sentait bien ses yeux rivés sur le pantalon et la veste qui cachaient ses formes. Un peu plus loin dans le couloir, elle entendit des pas et cela la rassura. L'étage était remplit d'agents armés et juste assez qualifiés pour lui loger une balle entre les deux yeux s'il posait ne serait-ce qu'une main sur elle. Le regard glacial du prédateur la faisait frémir, mais elle cacha son horreur. Elle ne croyait absolument pas les médecins qui se permettaient de remettre en liberté de tels monstres en jurant qu'ils avaient subit un traitement approprié. Combien d'entre eux avaient relâché des récidivistes ? Combien de vies supplémentaires avaient été brisées ? Au lieu de bien faire, ils assuraient leurs arrières en envoyant ces fous furieux chez des psys pour prouver qu'ils avaient raison. Et le jour où le psychopathe récidive, le monde entier pointe du doigt les personnes qui avaient pour mission de les suivre. Les psys : parfaits alibis et coupables désignés. Génial... Gillian ne comptait pas se laisser faire : au moindre faux pas, au moindre doute, elle le renverrait en prison. Certes, cela occasionnait plus de problèmes que de refiler le cas à un confrère, mais la jeune femme était franche et honnête avec elle-même. Si un malheur se produisait et qu'elle ne faisait rien, jamais plus elle ne pourrait se regarder dans un miroir.

Elle essaya cependant de garder son calme et de rester objective. Elle ne pouvait se permettre d'avoir un avis tout fait sur le patient avant d'avoir commencé la séance. Après tout, c'était peut-être un repenti... Gillian n'y croyait pas elle-même, mais bon. Elle se promis de passer un savon au génie qui avait eu l'idée de confier ce prédateur sexuel à une femme lorsqu'elle aurait fini sa séance, puis elle l'invita à entrer.

- Entrez, je vous en prie. Installez-vous. Je suis le docteur Gillian Foster.

Il répondit à peine à sa politesse et commença l'entretien par des reproches. Il voulait voir son ancien psy ? La bonne blague... Tous ses confrères avaient jeté l'éponge devant le cas Phibes, le dernier n'avait pas tenu jusqu'à la deuxième séance. Devait-elle vraiment lui dire que ce type était un dégonflé et qu'il avait préféré laisser la tâche au docteur Foster de l'examiner ? Non, elle voulait éviter de jouer les dures avec lui s'il arrivait à la déstabiliser dans les minutes qui allaient suivre.

- Le docteur Stabbins a préféré ne pas continuer votre examen, votre dossier m'est revenu. Donc c'est à moi que vous aurez affaire désormais.


Il n'avait pas l'air d'apprécier le changement, peut-être s'était-il amusé à choquer Stebbins ? Elle n'en savait
rien, elle ne connaissait pas ce Stebbins. Elle lui en voulait juste de lui avoir refilé ce dossier. On lui aurait envoyé un tueur d'enfants, c'était la même chose. Mais il fallait faire bonne figure. Gillian le laissa prendre le canapé gris et s'assit quant à elle dans son fauteuil blanc. Elle commença comme elle le faisait avec tous les autres patients.

- J'imagine que vous savez pourquoi on vous a envoyé dans mon bureau... J'aimerai que vous me parliez de votre passé. Puis-je vous appeler Thomas ? Ou préférez-vous que l'on s'en tienne à "monsieur Phibes" ?

Elle n'avait pas laissé le choix à son interlocuteur de l'appeler comme il le voulait. Elle ne tenait pas à ce qu'il se familiarise avec sa psy et pense avoir tous les droits sur elle. Elle voulait éviter de lui tendre la perche, comme on dit. Elle avait déjà limité la casse pour l'instant, question tenue vestimentaire, paroles distantes, et le minimum de politesse. C'était à lui maintenant de montrer à Gillian qu'il était digne d'être traité comme un homme, et non pas comme un monstre. Sincèrement, la jeune femme voulait croire que sa remise en liberté l'avait totalement changé. Mais son expérience lui avait souvent prouvé le contraire, c'est pourquoi elle ne baissait pas sa garde. Il allait certainement vouloir jouer avec elle s'il la trouvait à son goût et s'il avait envie d'une bonne dose de provocation. Vraiment, cette séance se jouait sur le fil. Elle pouvait très bien se dérouler, mais la tension était telle qu'elle était pouvait déraper à tout moment. Et Gillian ne tenait pas à figurer sur sa liste de victimes. Elle observait chacun de ses mouvement, chacune de ses expressions. Mais la situation était très certainement la même pour Phibes, étant donné qu'il ne la lâchait pas des yeux...
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MessageSujet: Re: "Le jeu s'appelle le chat et la souris... Pas LES chats." Mer 29 Aoû 2012 - 13:23

Elle le prenait de haut. Elle ne valait pas mieux que les autres. N’était pas mieux que l’ancien. Thomas ne s’empêchait d’imaginer quel genre de jugement le Dr Foster pouvait avoir de lui. « Oh, le monstre ! », « L’immonde bête ! » ou quelque chose du genre. Alors Thomas se persuada qu’elle abandonnerait, comme les autres. Cette idée était amusante. Un brin. Il aurait aimé pouvoir se plaindre. Que personne ne l’aimait. Il faisait des efforts pourtant ! Il en avait fait quelques-uns. Quand on lui avait annoncé qu’il verrait encore des psychiatres à l’extérieur de l’hôpital, Phibes avait supposé qu’il s’agisse du même acabit que ceux qui l’avaient pris en charge. A l’asile, on avait été aux petits soins. Bonjour, Mr Phibes. Bonne journée, Mr Phibes. L’armoire à glace qui servait d’aide-soignant lui souriait toujours et on prévenait lorsque la piquouse risquait de faire mal. Traité pendant des années comme un gosse dépendant des jupes de sa mère, Thomas avait été le plus heureux. Ou le pensait, avant de s’émanciper de cette accoutumance et de regoûter à la liberté. La vraie. Celle qui vous gonfle les poumons et qui vous fait voir des petits papillons translucides.

Mais ces psy-là avaient tous la même façon de voir. Il fallait supposer que sans la fameuse seringue de l’oncle Zen, un homme, une femme, ne se sentait peut-être pas tout à fait en sécurité. Thomas n’avait jamais conçu d’être dangereux. Il faisait quelques bêtises, de temps en temps. Mais il n’était pas dangereux. Thomas s’effondra sur le canapé et cloua soudain le regard sur la moquette lorsque le Dr annonçait que son prédécesseur avait aussi abandonné. Il marmonna alors entre ses dents, incompréhensible, répétant pour lui-même qu’il ne voulait parler à personne d’autres. Entêté, buté comme un âne. Mais alors qu’il se jurait qu’il n’adresserait pas la parole à cette femme, cette dernière décida d’entamer la séance aussi sec. Thomas releva le regard. S’attarda sur ses mains. Ses doigts. Elle avait des ongles discrètement vernis d’une couche transparente. Elle ne bougeait pas beaucoup mais ses ongles reflétaient bien trop la lumière pour que ce soit naturel. C’était joli à regarder. Sans relever la nuque, il planta la pupille sur le visage du Dr Foster.

Si vous m’appelez Thomas, je veux pouvoir vous appeler par votre prénom. Ce n’est pas juste, sinon. Vous croyez pas ? Il souleva le menton pour mieux voir ses yeux. Vous ne m’écoutez pas. Pourquoi vous ne m’écoutez pas ? J’ai dit que je ne veux pas vous parler. Je vous connais pas. Pourquoi je devrai vous donner mes souvenirs ?

C’était du vieux protocole de psychiatres. Inintéressant et inutile. Elle avait déjà tout sur dossier. Thomas parlait sincèrement et n’arrivait pas à assimiler ces hanches à un psychiatre. Au sien. La vérité était qu’en racontant aussi rapidement son histoire à cette étrangère, il avait peur de se sentir en position d’impuissance. Il n’y avait pas de raison. Il y voyait une sorte d’équilibre. Si elle ne parlait pas d’elle, si elle ne disait rien d’elle, alors Thomas n’avait pas à en dire plus. Néanmoins, il lui concéda ceci :

Ils disent que … Il hésitait, cherchait les mots les plus justes qu’il pusse trouver. Ils disent que je suis dangereux. Que j’ai fait du mal à ces gens. Son regard tomba aussitôt. Le timbre de sa voix s’adoucit d’elle-même. Je suis malade. Je sais que je suis malade. Je regrette beaucoup ce que j’ai fait, maintenant. Il fixa de nouveau le Dr Foster, un peu plus vif. Vous, vous souhaitez juste trouver un argument valable pour me renvoyer là-bas. En taule. Mais je sais qu’au fond je suis gentil. Tout le monde a droit à une seconde chance, non ? C’est. C’est bien pour ça que je suis là ?

« Vous » désignait inconsciemment les psys qui l’avaient pris en charge durant sa liberté conditionnelle. Thomas se tortillait sur le canapé. Il avait besoin de marcher. Rester immobile devenait douloureux. Il étala ses jambes sur le sol. Puisse replia les genoux. Chercha une position confortable et fini par croiser les mollets ainsi que les bras.
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MessageSujet: Re: "Le jeu s'appelle le chat et la souris... Pas LES chats." Mer 29 Aoû 2012 - 15:25

La jeune femme n'était pas rassurée du tout, elle sentait son regard glisser sur elle. Et pourtant elle ne voyait pas de signes d'excitation sexuelle trop importants. Ce qu'elle voyait n'était que de la routine en terme d'expressions faciales : le strict minimum quand un homme regarde une femme. Aucune raison de s'inquiéter en somme, n'est-ce pas ? Il exigea d'utiliser son prénom si elle utilisait le sien. Gillian hésita un moment. Elle appelait tous ses patients par leurs prénoms, par habitude. Elle préférait car cela lui permettait de les mettre en confiance... Mais fallait-il vraiment qu'il l'appelle Gillian ? Elle n'aimait pas ça. La seule barrière entre elle et lui dans leur conversation se réduirait alors au vouvoiement... Gillian décida de faire une concession, il fallait qu'elle établisse un certain contact pendant la séance de toute manière. Elle essaya de se détendre..

- Effectivement ce ne serait pas du jeu... Utilisons donc mutuellement nos prénoms.

D'un ton d'enfant gâté, il lui dit qu'il ne voulait pas dialoguer avec elle parce qu'il ne la connaissait pas. A en juger son comportement et ses expressions, on aurait dit un gamin qui avait refusé de grandir. Le syndrome de Peter Pan, oui... sauf qu'on était pas au Pays Imaginaire et que celui qu'elle avait en face d'elle était devenu un homme, un vrai. Et cela, il ne l'admettait pas, comme son ton boudeur le montrait si bien. Ce n'était pas de l'hostilité qu'il éprouvait à l'égard de Gillian, il feignait son mécontentement et s'amusait comme un petit fou d'avoir fait démissionner son ancien consultant. Il affirmait ne pas vouloir lui parler alors que son visage disait le contraire. Gillian n'en dit rien et décida de jouer de son avantage.

- Vous ne voulez pas me parler et pourtant vous le faîtes, Thomas. La raison pour laquelle vous allez me confier vos souvenirs est que vous avez besoin qu'un psy atteste que vous êtes bien passé dans son bureau au moins une fois dans la semaine... Et que vous ne pouvez pas faire autrement.

Un point pour la psy. Ce fut sans doute ce qui le décida à commencer à parler de lui. Il s'accorda à dire qu'il était malade, qu'il regrettait ce qu'il avait fait. Mais Gillian ne vit pas de signe de honte sur son visage. Elle continua à rester sur ses gardes, car il était possible que cet homme raconte ce que les psychologues et les médecins avaient envie d'entendre... Il évoqua alors l'envie qu'avait la jeune femme de le renvoyer en prison. Certes... La seule raison pour laquelle Gillian était contre la peine de mort était que passer sa vie en prison était le pire des châtiments pour les violeurs et les pédophiles. Les gros bras des pénitenciers leurs en faisaient voir de toutes les couleurs et les gardiens les laissaient faire, voire même en rajoutaient une couche. Cependant, elle refusait de se laisser guider par ses émotions et voulut en savoir plus. Même si le souvenir de l'Imitateur était encore trop frais dans sa mémoire, elle se devait de cacher sa terreur.

- Si je découvre que vous avez toujours un certain penchant pour la violence sexuelle, je ne vous cache pas que ce serait un plaisir de vous envoyer en prison. Mais au fond de moi, j'aimerai voir que vous avez changé et que cette histoire est bel et bien derrière vous.

C'était dit. Maintenant Phibes savait à quoi s'en tenir. Elle le vit se détendre, mais ses bras se croisèrent sur sa poitrine : il avait encore des réticences à discuter avec elle.

- Tout le monde a droit à une seconde chance oui, mais je préfère vous prévenir : je suis experte en détection de mensonges et sciences comportementales. Je vous déconseille de me mentir, j'ai horreur qu'on me force la main pour obtenir une seconde chance. Je ne vous l'accorderai uniquement si je suis sûre que vous la méritez.
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MessageSujet: Re: "Le jeu s'appelle le chat et la souris... Pas LES chats." Sam 20 Oct 2012 - 16:18

Elle avait raison. Elle avait terriblement raison. Et c’était injuste. Injuste pour lui. A qui la faute ? Il était né comme ça. Il avait essayé. Il s’était juré des milliers de promesses. A qui la faute ? Elles lui lançaient leur petit regard timide. Disparaissaient alors dans l’ombre et Thomas cédait, comme on cède à la dernière part du gâteau. Quelle honte. On avait étudié ses vices. On avait disséqué son esprit. Humiliation ultime, il avait tout reçu, tout connu. Le Dr Foster … Gillian, pensait le connaitre déjà. Elle pensait tout savoir. Elle n’était pas là pour l’aider, l’épauler. Elle n’était pas là pour lui. Elle était là pour le juger. Le peser. C’était la compétition. On ne lui laissait pas de choix. Les administrations voulaient le renvoyer. Thomas se pensait être le produit défectueux d’une société qui n’acceptait pas les retards, les décalages, les problèmes, les imperfections. Thomas était hors des sentiers battus. Hors des normes. Les psychiatres les premiers ne pouvaient définir la norme. Et paradoxalement, soignaient ceux qui ne s’y conformaient pas. Hypocrites, les immondes salauds. Alors, à qui la faute, bon sang ?!

Racontez-moi comment on devient expert en détection de mensonge. Il se pencha en avant, posa ses coudes sur les genoux et joignit les mains. Racontez-moi comment on peut vouloir passer sa vie à reconnaitre les mensonges des autres, à souhaiter de ne plus jamais vouloir être surpris dans la vie. C’est une décision triste, je trouve. On vous a menti, à vous aussi ? On vous a fait des promesses non-tenues ? On vous a brisé le cœur ? On a pris votre liberté ? Dites-moi. Je voudrais savoir. S’il vous plait, Gillian. Si vous me parlez de ça, je vous parlerez de mon passé. De tout ce que vous voulez. Je vous le jure. Sans mentir.

Il ricana. C’était comme elle n’avait rien dit. Comme si elle n’avait pas menacé. On recommence. C’était la première à avoir été sincère avec lui. « Je suis là pour vous aider, Thomas. », « Nous allons y arriver ensemble, Thomas. », « Ensemble ». Elle était si cruelle. Aucune pitié. Aucune miséricorde. Rien que de la haine. Du jugement vrai. Elle ne souriait pas. Blême et lisse. Ses mains l’insultaient de ne pas avoir le cran d’aller à sa rencontre. Les premières séances se ressemblaient toutes. Thomas s’imaginait courir dans toute la pièce. Il avait envie de se rouler en boule, là, à côté de cette chaise. Son genou trembla. Il avait besoin de bouger. Il changea de position. Puis se leva du fauteuil et dirigea son intérêt vers l’immense bibliothèque.

Thomas ne lisait rien de plus que la Bible ou des documentaires. Il s’était amouraché de son petit élevage de papillon de nuit et avait dévoré des dizaines de revues sur le sujet. Il ne s’intéressait pas tellement à la lecture. Le garçon passait le doigt sur la lisière des livres. Il voulait ranger par ordre alphabétique. Il voulait agencer les ouvrages selon leur titre, selon leur taille, selon leur couleur. Ca parlait de psychologie. Et d’autres choses savantes. Des mots qui ne parlaient pas sa langue. Thomas se retourna vers Gillian.

Vous aimez les jeux ?

Une vieille console oubliée et colorée d’un jaune pétant apparut de l’une de ses poches et Thomas tendit l’appareil à sa psychiatre. Mais décidément certain que ça ne l’intéresserait pas, vint se rassoir en enclenchant le petit interrupteur de sa Game-Boy adorée. Une musique nostalgique tinta comme du verre. Tiding.
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MessageSujet: Re: "Le jeu s'appelle le chat et la souris... Pas LES chats." Dim 21 Oct 2012 - 13:48

C'était vraiment un comble... Il s'imaginait pouvoir s'amuser avec elle avant de l'épuiser définitivement et se faire refiler à un autre médecin ? Gillian n'aimait vraiment pas la façon dont la situation tournait. Il essayait de sonder l'esprit de sa psychologue, et elle, elle essayait de protéger son esprit. Les rôles s'inversaient, elle avait l'impression d'être Clarice Starling face à Hannibal Lecter. Ca faisait froid dans le dos. Il voulait savoir comment elle en était arrivée là ? Son présent ne se résumait qu'en deux mot : Cal Lightman. Phibes voulait du donnant-donnant, et cette perspective ne la réjouissait pas du tout car en tant que psychopathe, il était aussi doué qu'elle pour manipuler les émotions. Mais elle décida de lui répondre quand même, pour éviter de lancer les hostilités la première.

- C'est une opportunité que j'ai saisie. J'ai rencontré un patient qui est devenu mon associé. Il était spécialisé dans la détection des micro-expressions, je l'ai suivi. Mais je suis psychologue avant tout, revenons sur votre personne. A vous de me parler de ce que vous avez vécu, de ce qui a déclenché ce que vous avez fait.

Elle s'était retenue juste à temps pour ne pas dire "ce que vous êtes" pour ne pas l'animaliser. Elle reconnaissait manquer d'objectivité, mais n'était-ce pas normal pour une jeune femme qui avait failli se faire violer ? Il avait prononcé son nom comme on évoque un plaisir interdit, avec une lueure de défi dans les yeux. Elle le détesta. Mais en y regardant à deux fois, elle s'avoua qu'il ne ressemblait pas aux prédateurs qu'elle avait connu. Il avait quelque chose d'enfantin par moments, quand il ne la dévisageait pas de son regard perçant. Ne pouvant tenir en place, il se leva et se ballada dans le bureau. Gillian resta assise, elle le regarda faire. Elle n'aimait pas la façon dont il s'appropriait l'espace. Il marquait son territoire en touchant aux objets qui meublaient la pièce et se marrait en pensant à la réaction de sa psy. Gill bouillonnait de l'intérieur, mais le calme qui régnait d'habitude sur son visage resta le même. Elle ne voulait pas se dévoiler, pas face à lui.

Il sortit alors une petite console de sa poche et la lui tendit. Gillian reconnaissait ce jeu, elle avait vu plusieurs gamins jouer avec quelques années auparavant. Des mômes qui entraient dans son bureau pour se murer dans un silence, bien cachés derrière leurs jeux pour ne pas avouer que maman les battait ou que papa s'immiscait sous leurs couvertures une fois la nuit tombée. C'était un moyen de l'éviter, et Phibes faisait la même chose en ce moment précis. Elle ne prit pas la console, il la garda. Puis il retourna se jeter sur le canapé et se mit à jouer avec en lui demandant si elle aimait les jeux. Très drôle. Aimait-elle jouer à ce jeu sournois avec lui qui la passait aux rayons X du regard ? Fallait être maso pour faire ce métier... Elle fit quand même l'effort de lui répondre.

- Seulement quand j'établis les règles du jeu.

Sa voix était devenue cassante tant elle était sur la défensive. Ce type se foutait ouvertement d'elle et elle détestait cette situation d'impuissance. Elle essaya de reprendre le contrôle de cette séance. La jeune femme rassembla son courage pour ne pas flancher face à lui et changea de position sur son fauteuil. Elle croisa les jambes et planta son regard dans celui de Phibes.

- Alors Thomas, dîtes-moi comment vous en êtes arrivé là ? Votre mère ne s'est pas assez occupée de vous quand vous étiez petit ? Etiez vous frustré par rapport à vos soeurs ?

C'était un cercle vicieux qui venait de s'installer entre eux,un jeu de pouvoir. Gillian était dévouée à ses patients, mais il y avait des limites et Thomas n'avait pas intérêt à les dépasser. Certes, la psychologue était tout ce qu'il y avait de plus tendre, elle était d'une douceur maternelle infinie avec eux. Mais quand ils allaient trop loin, cela devenait explosif.
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MessageSujet: Re: "Le jeu s'appelle le chat et la souris... Pas LES chats." Sam 17 Nov 2012 - 15:01


Seuls les jeux dont on ne connait pas les règles valent la peine d’être joués. Vous ne pensez pas ?
Deux fois sur la droite. Bouton du haut. Thomas était concentré. Dans son jeu. Un petit bonhomme en salopette et casquette rouge pixélisé sautait inlassablement. Puis une musique descendante. Game Over. Thomas avait éteint la Game Boy. Le regard de nouveau porté sur les genoux de la psychologue, la question lui fut affreusement indiscrète. Comme une colère sourde qui frappait à ses oreilles. Tique nerveux, son cou se plia, ses doigts pianotaient sur sa cuisse, son sourire s’agrandit. Rebecca avait été la plus forte des femmes, la plus belle des mères, la plus courageuse des combattantes. Une pensée allait toujours à elle quand Thomas se réveillait le matin, quand il lisait, quand il flânait. Une pensée aussi à ses sœurs. Gillian avait lu son dossier. Elle avait pris la peine de lire les méandres administratifs dans lequel ses immatriculations s’étaient embourbées. C’est bien. Thomas inspira et posa tranquillement la paume de sa main sur son genou. Ses yeux se plantèrent sur le carrelage lumineux et l’image de Darcy qui courrait innocemment dans le couloir de leur petit taudis l’envahit. Son rire candide. Son regard provoquant. Darcy était une pute mais il l’aimait. Passion chaude et fraternelle. Dans ses pupilles éclatées se déroulait les souvenirs presque sensuels de son autre vie.

Vous êtes cruelle. Le regard de Thomas n’avait pas quitté le sol, vague et lointain. Ma mère a tout fait pour moi, pour que je m’en sorte. Elle était gentille, douce, belle, généreuse. Lorsque les gens lui faisaient des cadeaux, elle rendait toujours quelque chose en échange. Pour ses enfants, elle a fait les trottoirs. Pour moi et pour mes sœurs. Convaincu, il leva le menton. De toutes les gamines que j’ai rencontrés, de toutes les putes, de toutes les dames que j’ai baisé, consentantes ou non, vieilles, jeunes, riches, pauvres, noires ,blanches, petites ou grandes, je n’ai jamais trouvé plus belle et plus bienveillante que ma mère. C’est avec elle que j’ai pris mesure du mot unique. Thomas se racla le fond de la gorge et lissa son jean. Reprit contact avec la froide réalité.

Sur sa mère, il pouvait baver longtemps. Il avait beaucoup d’anecdotes, beaucoup de qualités à peindre, beaucoup de choses à dire. Thomas avait mis sa mère dans une admiration sans limite à faire peur. Effrayante pour ce que ça pouvait avoir de malsain. Thomas avait toujours pensé qu’avoir été l’enfant adopté lui aurait permis de se marier avec sa brave maman. Le rêve de tous les petits garçons. Quand il le lui avait dit, Rebecca avait ri franchement. Et lui dit que c’est papa qui s’est marié avec maman, voyons. Thomas, à dix ans s’était alors enfermé dans sa chambre et avait pleuré toute la soirée avant que maman ne vienne le consoler. Avant de se coucher, Thomas avait reçu une claque glaciale et compris que ploter sa mère en essayant de lui fourrer la langue dans la bouche ne pouvait pas être bien perçu. Il avait alors couvé secrètement ce fantasme où son beau-père disparaitrait. Et où il pourrait poser son autorité masculine.

S’associer avec son patient, ce n’est pas contre la déontologie, ça ? Il ricana et s’enfonça un peu plus dans son fauteuil, écartant grand ses bras sur le dossier. Vous deviez drôlement l’apprécier, non ? A quel point on peut apprécier un patient pour aller contre ses propres engagements ? Vous l’aimiez, n’est-ce pas ? Il réfléchit un instant. Au bout de combien de temps, il vous a écarté les jambes ?
Thomas ne s’attendait pas à de réponse. Juste une exclamation. Une joue un peu sanguine, une réaction de surprise. Peut-être une colère monstrueuse. Nerveusement, il s’humidifia la lèvre.
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MessageSujet: Re: "Le jeu s'appelle le chat et la souris... Pas LES chats." Mer 28 Nov 2012 - 19:35

Faire parler Phibes de sa mère était une chose que peu de psychologues avaient réussi à faire. Et c’était pareil pour son enfance. Gillian savait que c’était s’aventurer sur un terrain glissant, l’esprit de cet homme était une vraie boîte de Pandore. Il suffisait de soulever le couvercle pour entrer en contact avec le chaos pur. Ce type était un amoncellement de contradictions à lui tout seul, son éventail de personnalités et d’émotions était impressionnant. Il venait de faire une partie sur sa Game Boy, parlé de toutes les femmes qu’il avait violées, était revenu avec tendresse sur le sujet de sa mère et… La psychologue s’arrêta net dans sa prise de notes. Venait-il vraiment de lui demander si elle avait couché avec Cal ? Non, c’était bien pire que ça, il l’avait dit d’une façon plus immonde encore. Insinuer qu’elle était une femme facile et que son meilleur ami était un gros dégueulasse, c’était trop. Certes, elle avait souvent rêvé qu’il la prenne dans ses bras pour déposer un baiser sur ses lèvres, elle avait toujours voulu devenir la deuxième madame Lightman… La fois où ils avaient joué un couple d’amoureux en guise de couverture avait été inoubliable pour elle. Il l’avait embrassée avec une telle douceur qu’elle avait prié pour que cet instant ne finisse jamais.

Seulement voilà, Phibes avait surpris l’étincelle dans ses yeux quand elle avait parlé de son associé… Etrangement, il lui ressemblait. Il avait un don pour l’observation et lisait dans l’esprit de la jeune femme avec autant de facilité que Lightman.Il avait la même attitude désinvolte, aussi, le goût de la provocation et du défi. C’était ce qui lui plaisait tant chez lui. Mais la différence était que Cal n’abusait pas des jolies jeunes femmes, et ça, ça devait être clair pour Phibes. Elle posa son stylo sur le bloc-notes qu’elle avait sur les genoux et planta son regard froid dans celui de son nouveau patient.

- La déontologie n’a rien à voir avec ça. Le docteur Lightman menait des recherches qui étaient complémentaires aux miennes, nous travaillions tous les deux au Pentagone. Et pour finir, c’est quelqu’un de correct. Il respecte les femmes, lui.

C’était dit. Sa voix était devenue cassante, mais rien n’avait altéré son calme. Elle ne voulait pas laisser s’échapper la moindre émotion, il aurait pu s’en servir contre elle. Mais Gillian ne voulait surtout pas qu’il se focalise sur elle. Elle voulait le faire parler des agressions qu’il avait perpétrées sur ces pauvres femmes dont la liste donnait le vertige tant elle était longue. Elle devait connaître le pourquoi du comment tout avait basculé un jour.

- Dites-moi Thomas, comment un homme aussi charmant que vous peut-il avoir besoin de violence pour approcher une femme ? Que vous ne puissiez pas avoir votre mère ou vos sœurs parce qu’éthiquement ça ne passe pas, d’accord. Mais les autres ? Que vous ont-elles fait pour que vous leur fassiez du mal ?

La psychologue savait que le problème trouvait sa source parmi les femmes de la famille Phibes. Mais il fallait creuser bien plus en profondeur. Oh, la faute ne leur revenait pas forcément, pas besoin de mauvais traitements pour donner naissance à un psychopathe. Il pouvait très bien avoir nourri ses sombres obsessions pendant toutes ces années avant de céder à ses pulsions refoulées. Si le môme avait été fragilisé psychologiquement, il aurait facilement pu plonger dans le complexe d’Œdipe…

Malgré la rancœur qu’elle nourrissait à son égard et le mauvais tournant que risquait de prendre cette séance, elle décida de faire un effort. Elle se devait d’être objective même si elle était du côté de la justice. Ses traits et le ton qu’elle avait employé jusque là s’adoucirent.

- Jusqu’ici vous ne m’avez montré qu’une image de prédateur… Où est le vrai Thomas ? J’aimerais vraiment lui parler.

En faisant appel à sa sensibilité, elle pouvait peut-être aider le petit garçon en manque d’affection à faire surface. Cela marchait avec certains patients ayant une forte émotivité, pourquoi pas lui ? Il avait mis la psychologue de mauvaise humeur avec ses provocations, mais elle pouvait se montrer douce comme tout si la séance se poursuivait bien.
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